‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 25 sur 162 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Dieu. J'aurais quelquefois désiré m'éloigner de la ville et me retirer chez mes sœurs à la campagne, afin d'être plus solitaire et plus tranquille. Mon occupation presque continuelle à la maison était le chant des cantiques, la lecture et la prière. Je demandais à ma bonne maman la permission de disposer ainsi de mon temps, et elle me l’accordait sans peine. »

Ainsi la vie de cette enfant était une union continuelle avec Dieu. Tout, jusqu’au cri d’un oiseau, l’y ramenait. « Un jour, raconte-t-elle elle-mème, comme je me rendais le matin à la paroisse pour assister à la messe, j’entendis le chant d’un oiseau. Je ne saurais dire l'impression que cela me fit. Il me semblait qu’il m'invitait à chanter les louanges de Dieu. J’entrai dans l’église, et y demeurai jusqu'à dix heures sans m'en apercevoir, toujours absorbée dans cette pensée. » Cette fois, Adèle fut un peu grondée. De retour à la maison, sa mère lui reprocha de passer trop de temps à prier. « Chère maman, repartit la pieuse enfant, oh ! je vous en prie, laissez-moi donc faire. Mes sœurs, qui sont plus grandes et plus fortes, travailleront pour moi, et moi, qui suis plus jeune et plus faible, je prierai pour elles. » Sa mère ne put s'empêcher de sourire. Ne voulant pas contrarier les attraits si pieux de son enfant, elle la laissait libre de les suivre. Adèle profitait dès lers de cette permission pour donner un temps plus long à l’oraison. Elle en profitait aussi pour satisfaire sa dévotion envers Notre-Seigneur et la très-sainte Vierge.

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