CHAPITRE IV
Dévotion d’Adèle envers la très-sainte Vierge et envers les Saints.
La dévotion d’Adèle envers la très-sainte Vierge prit sa source, pour ainsi dire, au sein maternel. On
a vu, en effet, en parlant de son enfance, que sa mère l’avait consacrée à Marie avant qu’elle vint au monde. Dans ses pieux entretiens avec sa fille, cette digne mère se plaisait à lui rappeler les circonstances d’une si précieuse faveur. Voici ce que rapporte à ce sujet la pieuse enfant dans un de ses écrits :
« Je fus consacrée à Marie dans l’église des Ursulines des Trois-Rivières. Ma chère maman avait l’habitude d’aller voir une de ses cousines qui était religieuse dans ce couvent, et qu’elle aimait beaucoup. Un jour donc , au sortir du parloir, étant allée visiter le saint Sacrement dans l’église du monastère, et, se trouvant heureuse et tranquille dans ce sanctuaire béni, où régnait un silence profond, elle eut la sainte pensée de consacrer à la très-sainte Vierge l’enfant qu’elle portait en elle. »
La vertueuse mère se sentit exaucée à l'instant, et fut persuadée que la très-sainte Vierge prenait cette enfant sous sa protection maternelle. 11 parait même qu’elle eut le pressentiment que l’enfant serait appelée à quitter le monde pour entrer en religion. C’est du moins ce qu'Adèle donne à entendre dans les lignes suivantes : « Je ne doute nullement que ma pieuse mère ne m'ait dès lors donnée à Marie pour l’état religieux ; elle me le laissa entrevoir plus tard, quand je lui demandai la permission d’aller à l’Hôtel-Dieu. » La seule pensée d’un privilége si beau, d’avoir été ainsi consacrée à la très-sainte Vierge avant de naitre, remplissait cette sainte fille des sentiments de la plus vive reconnaissance, « Ma chère mère, disait-elle, me portait à admirer et à adorer les desseins de Dieu sur moi. Je ne pouvais m'empècher de munir à elle pour témoigner au bon Dieu et à Marie ma sincère gratitude : je m’estimais infiniment heureuse d’appartenir à la très-sainte Vierge d’une manière si particulière. J’aimais à me rappeler mes souvenirs d'enfance, et dès lors tout ce que cette bonne mère avait fait pour moi
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