‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 38 sur 162 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tion à tout, excepté à Dieu. « Que de fois, raconte une de ses compagnes, j'ai admiré cette enfant quand elle venait à l’église, seule ou avec sa maman ! Elle se mettait à genoux, faisait gravement et pieusement le signe de la croix, puis paraissait tout absorbée en Dieu, sans que rien püt la distraire. »

Cette me si pieuse, si simple et si candide, se servait de tout pour s'élever vers son Créateur. Quand elle allait faire son heure à l’église de la paroisse, elle se mettait ordinairement du côté droit, proche de l’autel de la sainte Vierge. «Là, disait-elle, quand les fenêtres sont ouvertes, au retour du printemps, j'entends facilement les oiseaux qui chanteut dans le jardin du séminaire. Je pense combien ces petits musiciens sont fidèles à remplir leur destinée et à louer Dieu dans leurs chants. J'ai honte alors de mes distractions et je munis à ces chautres divins pour secouer ma tiédeur et mon indifférence. »

Tel était l’amour de cette sainte enfant pour le Dieu caché au fond de nos tabernacles, qu’elle eût désiré pouvoir vivre au pied du très-saint Sacrement et s’y consumer comme la lampe du sanctutire. « Un jour, dit sa sœur, qu’elle paraissait plus sérieuse et plus pensive qu'à l'ordinaire, je lui en demandai la raison. « Ah! me répondit-elle en soupirant, que je voudrais « être devant le très-saint Sacrement, comme la lampe « ei les chandeliers qui sont à l’autel ! que de choses € j'aurais à dire au bon Dieu! »

Ainsi le cœur de cette enfant était toujours avec Jésus, son unique trésor.

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