CHAPITRE VIII
Zèle d’Adèle pour là Propagation de la foi, la Sainte- Enfance et le soulagement des âmes du purguatoire.
Telle était la charité d’Adèle, qu’elle s’étendait à tout. Elle avait surtout un zele très-ardent pour les œuvres quitendent plus particulièrement à la conversion des pécheurs et au salnt des âmes, comme la Propagation de la foi et la Sainte-Enfance.
Elle aimait la premiere de ces œuvres, qui procure aux missionnaires les moyens de répandre daus les pays infidèles la foi catholique. « Oh! quelle œuvre admirabls que celle-là, disait-elle! travailler avec
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les missionnaires, participer à leurs souffrances et à leurs mérites, les aider par nos prières et nos offrandes à étendre le royaume de Notre-Seigneur dans les contrées qui n’ont jamais entendu parler de notre sainte religion , quelle belle œuvre ! Si je pouvais la faire conuaitre à tout le monde, oh! que je serais contente! Quand je pense aux pauvres missionnaires, à tout ce qu'ils soutfrent, je ne puis m'empècher d'éprouver un sentiment de compassion pour eux. Comment donc ne pas s'associer à une œuvre qui peut si bien leur venir en aide et les secourir dans leurs travaux. »
Les lumières qu’elle avait sur le prix des âmes étaient si vives, qu’elle entrait dans une sorte de transport, en pensant à ces hommes apostoliques qui se dévouent pour les sauver. Voici ce qu’elle en disait plus tard dans un dialogue composé par elle-mème, et qui a été conservé par celles de ses compagnes qui l’avaient appris pour le réciter avec elle : « A l'exemple du Dieu sauveur, qui s'est dévoué à la mort, on a vu des hommes enflammés d’un zèle ardent se répandre par toute la terre, parcourir les villes et les campagnes, et prècher partont la bonne nouvelle de l'Évangile. A cette voix, les peuples se sont convertis en foule, et ces généreux apôtres, pour prix de leurs sacrifices, ont expiré dans les tourments les plus affreux. Ce zèle persévère encore après eux dans ces âmes ardentes, dévorées de ce feu sacré que Notre-Seigneur est venu apporter sur la terre. Chaque jour, de nouveaux apôtres abandonnent leurs familles, et disent adieu au pays qui les a vus naïtre. Ils partent, étouffant dans leur cœur tous les regrets et tous les soupirs; ils s’élancent sur le vaisseau qui va les arracher des bras de leurs amis, et s'en vont, le sourire sur les lèvres, se vouer aux souffrances et à la mort. Qu'est-ce donc qui leur inspire cet héroïsme? Ah! c’est la soif qu'ils ont du salut des âmes. Ils ont compris que le plus grand
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gloire de Dieu et à la sanctification de ses frères; ils ont compris qu’une magnifique couronne est réservée à celui qui, sous la protection de Dieu, sen va ainsi chercher à l’Église de nouveaux enfants. Peut-être les supplices les plus cruels leur sont réservés; mais qu’importe? Qu'est ce que leur vie, comparée à la gloire de Dieu et au salnt d’une âme? Qu est-ce que tous ces biens de la te rre, pour ces cœurs embrasés du feu de la charité? » Une enfant qui comprenait ainsi le dévouement du prêtre catholique ne devait pas rester orsive. Aussi prenait-elle tons les moyens de venir à leur secours, en faisant apprécier la Propagation de la Foi et en lui procurant de nouveaux membres.
Adèle n'aimait pas moins l’œuvre de la Sainte-Enfance, qui se rattache à la précédente et est, pour ainsi dire, née de son sein. Tout. le monde sait que cette œuvre a été fondée par Mgr de Forbin-Janson, évèque de Nancy, afin de procurer le baptème aux enfants infidèles, et spécialement à ceux de la Chine, que leurs parents font mourir chaque année par milliers, pour en débarrasser la famille. Cette belle œuvre, en urocurant aiusi la vie de la grâce à plus de trois cent mille enfants chaque année, fournit en même temps aux enfants catholiques le moyen de faire de bonne heure l’apurentissage de la charité et d’estimer davartaze le bienfait du baptème et de la foi, qui n'est pas accordé à tant d’autres. Notre jeune Adèle était trop éclairée pour ne pas goûter une œuvre si chrétienne et qui produisait tous les ans des fruits si sûrs, si abondants et si précieux. Aussi l’embras-a-t-elle avec ardeur. La pensée seule des pauvres petits enfants infideles attendrissait son cœur et excitait sa charité. Elle était infatigable pour propager l’œuvre, pour y agréger toutes ses petites compasnes et former le plus de douzaines possible. Elle usait de tant d'adresse, de tant d’instnuation, qu’on ne pouvait lai résister. Un jour qu’elle invitait une de ses compagnes à donner son nom,
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