‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 55 sur 162 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

« là craignent la poussière qu’emporte le vent; et ce- « pendant c’est ce que nous deviendrons un jour. » La pluie étant survenue ensuite : « Cette pluie, ajouta-t- « elle va faire de la boue avec cette poussière, et c’est « ainsi que la mort nous réduira tous à la pourriture « du tombeau. » C'est avec cette adresse que dans de pieuses causeries cette véritable zélatrice des âmes faisait comprendre à ses sompagnes le néant des choses du monde. D’autres foiselle s’efforçait de les déprendre des faux plaisirs en leur dépeignant vivement le malheur des pécheurs, esclaves de leurs passions, et, au contraire, la joie et le bonheur d’une âme qui se donne tout de bon au service de Dieu. Alors son visage s’animait, sa parole coulait comme de source et produisait ordinairement une impression très-vive. Entin, quand elle avait bien étudié son sujet et que la voix de la grâce se faisait entendre, elle n’hésitait plus et disait ouvertement sa pensée. Le plus souvent , elle devinait juste. Quelques semaines avant d'entrer à l’Hôtel- Dieu, elle disait à une de ses compagnes : « Non, non, vous n’êtes pas faite pour le monde; vous devez entrer en religion; le bon Dieu vous poussera si fort qu’il faudra bien me suivre.» C’est ce qui arriva en effet. Ces encouragements de vive voix ne sultfisant pas à son zèle, elle recourait à la plume et écrivait des lettres vives et pressantes pour affermir les vocations. « On dit que tu vas rencontrer bien des obstacles à ton dessein, écrivait-elle à une de ses compagnes tentée de se décourager, mais prends courage. C’est ainsi que Dieu se plaît à éprouver les âmes qui désirent se consacrer à lui, afin de les rendre plus belles à ses yeux. En attendant que l’ombre du sanctuaire te protége contre les dangers et les folies du siècle, il te faut encore rester dans le monde et combattre sur ce vaste champ de bataille; mais ne crains rien, chère amie, les armes sont toujours prêtes. La prière et la croix de mon Jésus, voilà les boucliers impénétrables aux traits de tes en-

nemis. Prie donc et persévère, car dans ce temps-ci le démon redouble ses efforts pour te perdre. Quand il voit une jeune personne qui veut se consacrer à Dieu, il lui met le découragement et le dégoût dans le cœur, Mais dis- lui sans cesse : Retire-toi, Satan; mon cœur n’est pas fait pour toi, depuis longtemps je l'ai consacré à mon Jésus! Ne désespères pas, lors même qu'il y aurait un grand nombre d’obstacles. Souvienstoi que la voie du ciel est semée de ronces et d'épines, et que, pour y arriver, il faut beaucoup souffrir, beaucoup travailler, à l’exemple de Jésus-Christ, et porter à sa suite notre croix, qui est quelquefoistrès-pesante. »

C'est ainsi qu'Adèle exhortait ses compagnes et que, soit par écrit, soit de vive voix, elle soutenait leur courage contre les séductions du monde. Du reste, pour produire les plus heureux effets, elle n'avait qu’à paraitre. Quoiqu'il n’y eût rien en elle que de simple et de commun, on ne pouvait la voir sans se sentir porté vers Dieu. Tout son extérieur était comme une prédication : la simplicité de ses habits, son air de religion et de respect dans le lieu saint, son ton de voix plein de douceur et d’onction; enfin tout en elle respirait le baume de la piété et portait à l’amour de Dieu. « Quand je la voyais, dit l’une de ses compagnes, je l’admirais et je me disais : C’est vraiment une sainte! Son air était tout angélique, et rien que de la voir me valait tout un sermon. » Sur le billet d'admission que chaque Persévérante recevait en entrant au catéchisme, la très-sainte Vierge lui était présentée comme le modèle de la conduite qu'elle devait tenir, et dans ce but on avait fait imprime: sur ce billet, au bas de l’image, lPabrégé de ses vertus par saint Ambroise, « Marie, y bsait-on, était vierge de corps et d'esprit, humble de cœur, grave en ses paroles, prudente en ses conseils, appliquée au travail, retenue dans ses discours, amie de la lecture ; elle excellait en foi, en pudeur, en piété, en silence; jamais elle n’a offensé ses parents, méprisé

sœurs quest jours cette :

car el persor conver aucun

mps-ci le Quand il er à Dieu, s le cœur, mon cœur e l'ai conjrs même Souviens- | d’épines, frir, beauet porter à pesante. »

nes et que, t leur coueste, pour it qu’à pasimple et entir porté une prédide religion voix plein respirait le u. «Quand l’admirais | Son air me valait ue chaque hisme, la le modèle ce but on e l’image, « Marie, y numble de S conseils, urs, amie , en piété, s, méprisé

Page 1