‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 60 sur 162 · LIVRE Ill · texte numérisé non relu

LIVRE Ill

ses hommages au trône de Dieu avec toutes ses actions de la journée. Elle ne manquait jamais à ce pieux exercice, et portait les autres à ne jamais l’omettre. « Ne pas faire sa prière du matin, disait-elle, ce serait imiter un soldat qui s’en irait sans armes-au champ de bataille : il serait infailliblement vaincu. Ainsi le chrétien, dans la prière du matin, se revêt des armes du salut pour triompher de toutes les tentations du démon. Oui, Ô mon Dieu! au milieu de tant d’enremis visibles et invisibles, vous m’empècherez de tomber. Quand le vent de la tentation soufflera pour m'ébranler, je me jetterai dans les bras de votre miséricorde, et je crierai vers vous, comme l’aveugle de l'Évangile : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Je crierai jusqu’à ce que ma prière, comme-la sienne, touche votre cœur et attire sur moi vos regards... La prière est la nourriture de nos âmes; ce pain céleste nous éclaire et nous fortifie. O mon Dieu! je prends la résolution de prier le matin et toute la journée par mes actions; c’est la grâce que je demande à votre miséricorde infinie. »

3 « En entendant la sainte messe, je me représenterai Notre-Seigneur Jésus-Christ s’offrant à Dieu son Père. Je commencerai par l’adorer; puis je le remercierai de ses bienfaits. Je lui demanderai mes besoins ; je le prierai pour l’Église, pour la conversion des pécheurs, pour les âmes du purgatoire, pour les biens de la terre, pour les prisonniers, pour les personnes affligées. D’autres fois je tiendrai mon esprit tout plongé dans les douleurs de Jésus-Christ, Voyez-vous, disaitelle, cette croix sur l’antel, c’est pour nous faire penser à la Passion de Jésus-Christ et nous transporter sur le Calvaire pour pleurer nos fautes. Au moment solennel de la consécration, il faut nous prosterner, adorer Jésus-Christ et lui dire : O Victime sainte, vous vous offrez tous les jours à votre Père, pour l’expiation des péchés du monde, purifiez-moi donc par votre sang !

A la communion, il faut au moins communier spirituellement, en produisant des actes d’amour, de désir et de contrition.… Au dernier évangile, quand j’entends ces mots : Z'€ Verbum caro factum est, « Et le Verbe s’est fait chair, » cela me rappelle qu’un Dieu a bien voulu se faire homme pour nous. »

4 Le reste de la journée elle vaquait à ses occupations sans jamais perdre la présence de Dieu, ayant soin de lui offrir chacune de ses œuvres.

ÿ° Le soir, elle se rendait ordinairement à l’église de Bon-Secours à l'exercice du chapelet et de la lecture, qui se fait en commun pour les pieux fidèles qui y assistent, et à son retour elle rendait compte à ses parents de la lecture qu’elle y avait entendue. |

6° On remarquait que quand elle faisait sa prière du soir elle se mettait près de la fenêtre. Sa sœur lui en ayant demandé la raison, elle répondit : « Nous devons toujours nous tourner du côté de l'église. Nous lisons dans la sainte Écriture que le prophète Daniel, quand il voulait prier, ouvrait sa fenêtre et se tournait du côté du temple de Jérusalem. Ainsi devons-nous nous tourner du côté de nos églises, qui sont plus augustes que le temple de l’ancienne loi. O mon Dieu! s’écriait-elle quelquefois en contemplant le firmament, c’est bien là votre ouvrage ! Toutes ces merveilles nous prouvent bien votre puissance. O céleste demeure des saints! quand donc mon âme s’envolera-t-elle vers vous? Tout me parle de vous, à mon Dieu! excepté l'homme, qui vous oublie et vous blasphème. O ingratitude de l’homme, comblé de vos bienfaits ! » Puis ses sentiments éclataient en de pieux cantiques :

\ Volons, volons, mon âme,

Loin de ce lieu mortel ;

Sur des ailes de flamme

Suivons Marie au ciel.

Quelque appliquée que fût Adèle aux choses de Dieu,

ier spiri- , de désir j'entends le Verbe zu à bien

S OCCUpau, ayant

l’église de a lecture, qui y as-

à ses pa-

, prière du æur lui en Nous delise. Nous te Daniel, se tournait vOns-NOUS nt plus auon Dieu!

irmament, eilles nous meure des t-elle vers ! excepté e. O ingraits ! » Puis ques :

es de Dieu,

Page 1