LIVRE III
sa piété n’avait rien d’austère ni de repoussant, ce dont certaines personnes ne savent pas toujours se garder. Une douce joie rayonnait toujours sur son visage. Un jour, une de ses compagnes lui dit : « Je ne sais pourquoi tu es toujours contente. — Lorsqu'on fait la volonté de Dieu, répondit la piense enfant, on a toujours la joie et la paix. Fais-en l’expérience; le bonheur de cette vie dépend de la fidélité à la volonté de Dieu. »
Afin de s’y mieux conformer et de soutenir sa ferveur, elle prenait un soin singulier à profiter de tous les moyens de ganctification que lui procurait son cher catéchisme de Persévérance, qu’elle aimait surtout à cause des sources abondantes de grâces qu’elle y trouvait. Elle recueillait avec avidité tous les avis de M. le directeur et des autres prédicateurs. Elle était irès-exacte aux communions du mois, où, avec le pain eucharistique, elle trouvait aussi le pain de la parole dans les exhortations qu’on y faisait; elle aimait surtout les retraites, parce que cette suite régulière d'exercices lui fournissait une nourriture plus abondante et plus en rapport avec les désirs ardents de son cœur, Enfin elle profitait de tout : Celui qui craint Dieu, dit le Sage, ne néglige rien. C’est ce que faisait parfaitement notre jeune Persévérante. Le dimanche, elle ne manquait jamais de rester aux vèpres après le catéchisme, quoique plusieurs de ses compagnes fussent dans l’habitude de se retirer. Le matin, même après avoir assisté à la messe, on l’a vue plus d’une fois se rendre, vers huit heures, à la grand’messe que l’on chante à certaines fêtes à l’'Hôtel-Dien, communier à cette messe, puis se'rendre encore à la grand’messe de la paroisse, demeurant ainsi jusqu’à midi sans rien prendre. Sa sœur, trouvant qu'il n’était pas nécessaire d’en faire tant pour se sauver, ne manquait pas de la plaisanter. Adèle fit alors cette belle réponse : « Je ne pense pas tant à moi qu’à la gloire de Dieu que je pro-
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