CHAPITRE IV
Adèle est élevée à la dignité de présidente. — Son humilité et sa douceur,
Six années s'étaient écoulées depuis qu’Adèle suivait les exercices de la Persévérance. Par sa science, et plus encore par sa vertu, elle était parvenue à laisser bien loin derrière elle la plupart de ses compagnes. Elle eût pu, comme d’autres ne le font que trop souvent, se retirer, ou du moins cesser de travailler. Une telle pensée ne vint jamais dans son esprit. Elle aimait trop sa Persévérance, elle savait trop bien d’ailleurs de quelle efficacité sont les exemples des plus anciennes sur les plus jeunes, pour prendre un tel parti. Elle continua donc comme elle avait commencé; ce n’est pas assez dire, elle se surpassa encore par son zèle infatigable, par ses travaux, par ses succès, et surtout par sa bonne conduite.
On était à la fin de l’année 1850 et au commencement de l’année 14851. Cette même année, des honneurs insignes lui étaient réservés. Déjà les années précédentes elle avait rempli, à la grande satisfaction de tout le monde, des charges importantes. Cette année, la plus haute dignité de l'association, la dignité de présidente l’attendait. Depuis longtemps ses compagnes la désignaient comme la plus digne de remplir cette fonction. Elle fut donc élue, tous les suffrages, excepté le sien, s'étant reportés sur elle. Son installation eut lieu avec une grande solennité et en présence d’un nombreux concours de personnes, heureuses de témoigner par là l’intérêt qu'elles portaient à une œuvre si utile à la religion. M. le directeur, au milieu d’un silence profond et de l’attente universelle, proclama le nom de la nouvelle présidente. Toutes les Persévé-
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