LIVRE fit
moi. » Ce n'était pas Dieu, c'était le démon qui usait de tous ses artifices pour la tromper. Elle ne tarda pas à le reconnaitre, et, au souvenir de ces cruelles épreuves, elle avouait plus tard à une des sœurs de l’Hôtel- Dieu qu’elle n’avait jamais plus souffert, car son âmie se trouvait comme partagée en deux. « Au point de malaise où je me trouvais, j'en étais venue jusqu’à croire que j'étais appelée à vivre dans le monde. Déjà je le regardais d’un meilleur œil, me proposant néanmoins d'y vivre sans mondanité et comme une bonne chrétienne. Je me figurais qu’il y aurait du bonheur pour moi à vivre de la sorte dans une famille, et, quoique je n’eusse aucun avantage, je pensais néanmoins pouvoir réussir aussi bien que d’autres. Je me flattais de l’espoir que je pourrais suivre plus aisément les offices de la paroisse, que j'aimais tant, et me livrer tout entière à mes petites dévotions. Je tourmentais mème ma bonne maman pour qu’elle m'’apprit à coudre; mais jamais-elle n’y voulut consentir, ayant d’autres vues sur moi. »
Ce temps fut donc pour elle une des époques les plus pénibles de sa vie; Dieu le permettait ainsi pour son bien et aussi pour apprendre aux âmes qui désirent se donner à lui, qu’elles ne doivent ni s’étonner des assauts de l’ennemi, ni se laisser abattre. Enfin les nuages se dissipèrent. Marie, sa chère protectrice, vint à son secours et lui obtint des lumières d’en haut. Dieu, dont elle cherchait la volonté avec tant de constance et d'abandon, ne voulut pas différer davantage à lui manifester ses desseins sur elle, Le 4er mai 4851, elle se sentit portée à.aller à la chapelle de l’ancien Hôtel-Dieu. Le vénérable M. Roupe, chapelain de l'hôpital, avait coutume de faire tirer ce jour-là de petites sentences pour les personnes qui assistaient à la sainte messe, afin de ranimer leur piété pendant ce beau mois. Adèle, ayant tiré la sienne, en conclut, par un instinct secret, qu’elle était appelée à vivre dans ce
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monastère. Elle offrit à la très-sainte Vierge tout son mois pour qu’elle lui fit connaitre encore plus clairement la volonté de Dieu, et dès ce moment elle éprouva une prédilection marquée pour l’église de l'Hôtel-Dieu. Rien que d’entendre la cloche du couvent la faisait tressaillir. « Cette cloche du inonastère, disait-elle, c'est un bonheur pour moi de l'entendre; tout me parle de Dieu, de ce côté-là. » Tous les matins, elle se rendait à cette église pour y suivre les exercices du mois de Marie, ce qui ne l’empèchait pas d'assister aussi à celui qui se faisait à Bon-Secours, précédé d’un sermon sur la très-sainte Vierge. Ce fut dans ce sanctuaire si cher à Marie que peu après cette Mère de la divine grâce, achevant d’écarter le voile qui lui tenait encore caché le secret de son avenir, lui dévoila, de la manière la plus frappante, les desseins de miséricorde que Dieu avait formés sur elle, et lui fit connaître sa vocation. Mais ici, nous n’avons rien de mieux à faire que de rapporter textuellementles pages qu'elle écrivait en 1861, la première nuit du mois de Marie, dont le retour lui rappelait tous les ans la grande faveur qu’elle va elle-même nous raconter : «Un beau jour de dimanche, qui était le 9 de mai, je me rendis à Bon-Secours pour assister à l'office du soir, toujours préoccupée de mes grandes idées de vocation. Je me mis près de la chaire, sans m’attendre à la faveur que je devais bientôt recevoir. L’orgue commença à jouer. On chante un cantique, et le prédicateur paraît. Il fit un sermon très-éloquent sur la pureté de la très-sainte Vierge, et en terminant il exposa assez longuement le malheur des jeunes personnes qui, par leur faute, manquent leur vocation à la vie religieuse. I] fit alors le portrait fidèle d’une jeune vierge, et représenta le bonheur qui l’attendait dans le ciel. Puis, prenant un ton
grave, il prononcça solennellement ces paroles, qui de-
vaient être pour moi des paroles de salut : Cent quarante-quatre mille vierges suivent dans le ciel l Agneau
sans que tiren nerré tranc geme reçus cœur fonde coulè seme] tt; « moir la plu calier chant:
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