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152 VIE D’ADÈLE COULOMRE,
pratiquer le renoncement à chaque instant. Mais aujourd’hui, ajoutait-elle avec un air de bonheur, que tout cela me rend heureuse! C’est si nécessaire d’être éprouvé ! Sans cela point de véritable vertu. Oh ! que nous devons être reconnaissantes pour celles qui nous font subir ces épreuves! » Elle se réjouissait, comme on le voit, d’avoir passé par ces contradictions , lesquelles ne laissaient pas que de lui être extrêmement pénibles, quand elle avait à les supporter. La nature éprouvait quelquefois un moment de surprise à l’occasion de certaines observations qui lui étaient faites au moment où elle s’y attendait le moins , et lorsqu'elle croyait avair bien fait, Dieu le permettant ainsi pour son avancement spirituel.
En même temps le démon, jaloux des progrès rapides de cette âme avide de perfection, cherchait à l'abattre par le découragement. « D’un côté, disait-elle, je voulais travailler à ma perfection, et de l’autre je n’en sentais pas le courage : les obstacles me paraïissaient insurmontables. J'aurais voulu témoigner mon amour à mon Dieu , et je redoutais les peines et les sacrifices. Je m'imaginais que c'était une folie de tant se gêner pourse sauver. De là ce combat violent, ces peines intérieures, ces troubles, ces agitations. Je n'étais pas assez généreuse, et ne pouvais surmonter mes répugnances. Dieu, pour punir mon orgueil, permettait que les sentiments que je croyais bons dans le principe me parussent ensuite chimériques et illusoires. Eu proie à cette désolation, j'étais tentée de tout abandonner et de ne plus penser à rien. Mais, dans ce temps-là même, mon bon Maître redoublait ses poursuites , et je sentais plus que jamais le désir de l’aimer et de sauver mon âme. Pourquoi suis-je sur la terre, me disais-je souvent, si ce n'est pour servir et aimer mon Dieu? Et d’où vient donc que je ne l’aime pas? Que me servira d’avoir embrassé l’état religieux, si je ne suis fidèle jusqu’à la fin? Que deviendrai-je à à la mort, si je ne profite pas
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