LIVRE V
plaire à D eu , je prie Jésus de venir lui-même agir en moi. Je lai dis au commencement de chaque action, avec une grande confiance : « Seigneur, vous qui connaissez mon impuissance et ma faiblesse, venez donc agir vous-même en moi; venez pour être en moi le principe vital de ette action; travaillez pour moi; que je sois l'instrument , et que vous soyez la main qui le fait agir et la vie qui l’anime ; rendez cette action méritoire et agréable à la divine Majesté.» Après cela, je m’abandonne à Jui, étant bien certaine que mon Sauveur veut bien ainsi suppléer à ce qui manque en moi. Je crois, oui, je crois à cette condescendance de mon Dieu à mon égard ; je crois que mon Créateur s’abaisse jusqu’à venir faire en moi ce que je lui demande ardemment. Forte de cette confiance en mon Maitre, je le regarde comme mon trésor dans lequel je puise à chaque instant du jour; je le rends lui-même mon offrande , car je ne m'offre plus moi-même : je me jette dans son cœur, et c’est ce doux Sauveur qui m'offre lui-même à la Majesté divine, soit comme une victime pour les offenses qu’elle reçoit sans cesse, soit comme une criminelle pour obtenir le pardon de mes péchés, soit ccn:me une mendiante pour obtenir des grâces. Alors je r’ai plus qu’à me tenir comme morte, sous les inspirations de son Esprit, et quand je me suis remise entre :25 bras, je sens qu’il est tout pour moi; il est ma prière, ma louange, ma demande, mon adoration, ma vie. Sans m'inquiéter de rien, je me réfugie près de lui; je lui demande asiie dans son cœur, etune fois placée là, je demeure tranquille. »
Ainsi l’Esprit-Saint lui faisait comprendre comme à saint Paul que Jésus-Christ nous est toute chose : qu’il est notre véritable vie, que lui seul forme en nous les vertus solides, et que de lui seul toutes nos actions et tous nos hommages tirent leur mérite et toute leur valeur. Puis, pour couvrir son indigence, et se procurer un accès plus facile auprès de san bon Maitre, elle
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recourait à sachère et aimable Médiatrice. « Ne croyez pas, ajoute-t-elle, que j'aille me placer de moi-même dans ce sanctuaire du Cœur de Jésus. Oh! non certes; vous connaissez la porte immaculée de cet asile sacré : eh bien, c’est par elle que je passe. Oh! cette duure vierge Marie est la douceur de ma vie : elle est mon lieu de refuge ; elle est mon guide. »
Ce même Jésus qui était sa vie, se faisait parfo.: sentir à son âme comme un feu consuinant, selon le langage des saints livres , et ainsi qu'elle s’exprimait cilemême, un peu plus tard, le 20 juillet 4856. « Mes désirs, mes affections, mes élans vers Dieu se changent quelqu: fois en un besoin de l’aimer qui devient comme un feu jui me brüle et me consume comme si j'avais un brasier ass l'intérieur. »
Revenani casuite à son union intime et habituelle avec Notre - Seigneur, elle dit : « Il me semble qu’il m'est aussi impossible à présent de vivre sans Jésus, qu’il est impossible à mon corps de vivre sans l’air que je respire. De là naît le désir ardent que je ressens sans cesse d’être unie à Jésus , de vivre et de ne respirer qu’en lui et par lui. »
Elle explique ici avec une netteté remarquable ce qu’elle entend par cette union. « Par cette union avec mon Maître , ajoute-t-elle, je n’entends pas seulement une union qui consisterait à agir de concert avec lui, comme par exemple celle qui aurait lieu entre une de mes sœurs et moi, qui travaillerions au même ouvrage et dans le mème but; mais j'entends une union si étroite, si intime, que je ne puisse plus rien faire par moi, mais tout par Jésus, que je voudrais renire maître absolu de toutes mes puissances, en me fondant et me coulant si parfaitement en lui, qu’il n’y eût plus en moi rien de moi-même et que je ne fuss: qu’un instrument mi au gré de son Esprit vivan! on moi. Je crie sans r°lâche après mon Maître , et je supplie très-humblement la très-sainte Vierge «6: ‘oseph
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