LIVRE V
samment ravi son cœur, elle dit ces belles paroles, qui expriment si énergiquement l'ardeur de son amour. Impossible de résister au plaisir de les rapporter; on ne pourra les lire sans se sentir porté à aimer Dieu davantage : « Je languis et je meurs loin de ce cher objet de mon amour. Quand donc le verrai-je? quand le possèderai-je? J’éprouve un indicible plaisir en pensant dans le fond de mon cœur à ce cher Jésus. Mais je suis comme une pauvre éperdue, qui ne sais quel moyen prendre pour trouver ce que je cherche. Il me semble que bientôt je le verrai intérieurement, et ce bientôt ne vient jamais. Je crois l'aimer, et peut-être que je n’ai pas un bien véritable amour pour lui. Mes jours se passent à chercher les moyens de lui plaire, et, après tout, je ne le trouve pas. Quand donc jouirai-je de lui? C’est mon refrain du jour et de la nuit. Ah! du moins, cher et doux ami de mon cœur, trop aimable Jésus, qui me tourmentez si cruellement, qui excitez une si grande faim dans mon cœur, si je n’ai pas le doux plaisir de sentir votre douce présente, j'aurai celui de faire votre adorable volonté. Quand mème je devrais avoir l’horrible malheur d’être séparée de vous dans l'éternité, ce qu’à Dieu ne plaise! je veux du moins pouvoir dire que je vous ai aimé de toutes mes forces, » |
Plus elle était généreuse, plus Notre-Seizneur devenait jaloux et exigeant. « Maintenant, dit-elle, il me reproche une parole inutile, le moindre pet: regard, une simple pensée qui n’est pas pour lui. Il veut mon cœur tout entier. Eh bien, il l'aura *e cœur : je le lui donne sans réserve, »
Telle était l’union de cette äine avec Notre-Seigneur, qui devenait ainsi de plus en plus l’objet unique de ses pensées et de ses affections, on vlutôt l’âme de son âme et le centre :e son cœur,
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De à Ai RÉ 27 RÉ
CITAPITRE III
Lumières de la sœur Coulombe sur la vie intérieure.
Ne nous lassons pas de pénétrer dans ce magnifique intérieur, que Dieu s'était chair: sur la térre pour y mettre ses complaisances ; et, avant de descendre de ces hauteurs sublimes pour suivre la sœur Coulombe dans l'exercice de la charité, arrêtons-nous encore à étudier, à admirer les lumières étonnantes que Notre-Seigneur aimait à lui communiquer sur la vie intérieure. Nous n’aurons que plus de plaisir ensuite à la voir dans sa conduite extérieure.
Son union avec Notre-Seigneur, en effet, lui mérita les plus vives lumières sur les qualités et l’excellence de la vie intérieure, comme nous allons nous en ronvaincre par un écrit daté du 24 octobre 1856, lequel nous fera encore mieux connaître les trésors de sainieté cachés dans cette âme privilégiée. « Une âme en qui Jésus vit, dit-elle, est une âme vraiment intérieure, et elle vit ‘le la vie la plus aimable, la plus douce et la plus suave de toutes les vies. Les expressions me manquent pour exalter cette vie, que j’aime tant. Tout mon chagrin est de l’avoir méconnue. Quand je reviens sur le passé, que de vides j’aperçois, que d’instants perdus! Cette vie intérieure est pour moi, non-seulement une vie de silence, de recueillement, de séparation des objets créés, d’oraison, de présence de Dieu et de 1 ‘os en lui; mais, de plus, elle m’apparaît comme un psradis anticipé, une prière sans interruption, uue immolation continuelle de l’âme à son Dieu. Il me semble que la vie intérieure est cuunme un autel toujours dressé où l’âme fidèle se
sacrifie et se livre comme victime pour les pécheurs le
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