‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 97 sur 162 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

jour et la nuit. C’est un rendez-vous perpétuel où toujours et à toute heure elle trouve son Dieu, lui parle sans crainte et pense à lui sans contention ni violence, lui fait amende honorable, la remercie, l’aime et l’adore pour tous ceux qui l’oublient. Je dis que la vie intérieure est un ciel. En effet, qu'est-ce qui fait au ciel le bonheur des saints? N'est-ce pas Dieu? Or l’âme intérieure, animée d’une foi vive, voit et possède son Dieu au dedans de son cœur aussi bien que les saints, avec la seule différence que les bicnheureux dans le ciel jouissent de la claire vision de Dieu, tandis que l’âme irtérieure ici-bas ne le voit que des yeux de la foi. Mais, malgré la privation où elle se trouve de la vue de son Dieu, ne le possède-t-elle pas aussi bien que les saints? n’en est-elle pas aussi riche? Et que lui importe de posséder son Dieu dans la jouissance ou dans la souffrance, pourvu qu’elle le possède? C’est cette réelle possession qui fait son parfait bouheur. »

Se livrant alors à une amère douleur, à la pensée que si peu de personnes vivent de cette vie, elle continue ainsi : « Puisque cette vie est un paradis commencé, d’où vient donc qu’on néglige si généralement de l’embrasser ? Il me semble qu’il y a deux causes de cette négligence : le défaut de foi, et l’attache à soimême. On ne considère pas assez quel honneur c’est pour nous de vivre de compagnie avec Jésus, on pense à peine à ses bienfaits; on ne le remercie pas assez. Les jours, les semaines, les mois, les unnées même s'écoulent; on s’effraie de leur rapidité, mais voilà tout. La moitié du temps, on agit par routine, on se lève le matin, on se couche le soir, et souvent le jour s’est passé sans qu’on ait à peine pensé à Dieu. Les plus grands mystères nous trouvent insensibles; les grandes solennités de l’Église ne nous font presque pas d'impression. On voit sans cesse de nouveaux traits de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs, et on oublie de l'en remercier. Les pauvres âmes périssent par

milliers, et à peine songe-t-on à prier pour leur conversion. De là vient la tiédeur, la froideur et l’indifrérence pour tout. Comme on n’a pas l'esprit de foi pour animer ses actions et pour se tenir dans son néant, on oublie ce que l’on est. On se croit capable de tout : on se livre aux entreprises et aux affaires; on croit pouvoir réussir en tout. Si l’on réussit, en effet, on s’en attribue souvent la gloire; on va même jusqu’à tout faire, tout entreprendre, sans consulter ni Dieu, ni la sainte Vierge, ni les saints, tant on compte sur ses petits talents, qui d’ailleurs ne nous appartiennent pas, puisque tout vient de Dieu. Mais ce ne serait là qu’un demi-mal, si, dès qu’on nous avertit de ces égarements, on consentait de suite à se rétracter. Mais non; le plus souvent, on tient si fortement à soi, que rien ne peut nous faire lâcher prise; l’amour- propre nous subjugue. Comme on se croit quelque chose, on veut paraitre et se faire estimer: on aime à se produire, à être vu, aimé, admiré. On agit avec précipitation, pour faire voir qu'on est une personne d’importance ; on se mêle de tout, même de ce qui ne nous regarde pas; on veut tout voir et tout savoir. Enfin on vit dans une agitation continuelle, dans un tourbillon d’affaires qui dissipent tellement l'âme qu’elle ne pense qu’au monde présent. Elle oublie son Dieu; elle s’oublie elle-même, et, en oubliant le divin objet de son amour, elle se rend coupable d’une très-grande négligence, qui la conduit à la mort et la üent éloignée de sa véritable vie, qui est Jésus-Christ. Ah! qu’il y à donc bien des morts dans le monde, puisque tant de personnes y sont privées de la vraie vie, qui est Jésus! Et quand je pense que c’est par leur faute qu’elles meurent ainsi, cela me fait frémir. Oh! que la terre doit offrir un triste coup d'œil avec sa surface remplie de cadavres ambulants, qui se remuent sans cesse dans leur profonde misère, qui se poussent, se hâtent, se pressent, sans pourtant avancer en rien, puisqu'ils sont

com et di dissi il se du d que l’ent c’est de p Moilongt En qu'il sant « prit d jamai des p la sœ:

somimn âme

Ur CON indifféoi pour sant, on out : on oit pouon s'en qu’à tout au, ni la ) sur 868 tiennent serait là > CES Égater. Mais | soi, que r- propre hose, on | se pro- » précipine d’imi ne nous Enfin on ourbillon e ne pense elle s’ouet de son

e remplie cesse dans

Page 1