CHAPITRE III
capturoient les bâtiments qu'ils rencontroient, dévastoient toutes les côtes où ils débarquoient, enlevoient les hommes, les bestiaux et tout ce qu'ils pouvoient em-
» forces des ténèbres, jusqu'à l'anéantisse- « ment imminent des Dieux et des génies , wd'Odin et de ceux qui combalteut avec lui : atout cela forme un grand poème héroïque »de la nalure , parfaitement lié et coordon- » né. Le sujet auquel tout se rapporteest ici «encore, comme dans tant d'autres traditions )> poétiques , un monde héroïque qui a cessé «d'exister. C'est pourquoi , dans le combat , nia mort atteint le plus souvent les jeuneshé- »ros les plus nobles, les plus vaillants, les plus w beaux , parce que Ociin les réunit dans son » VValhalla, afin d'avoir d'autant plus de com- 0 pagnons et de guerriers pour la bataille qu'il » doit livrer aux puissances ennemies qui l'at- 0 laqueront de nouveau et qu'il ne doit plus «vaincre dans ce dernier combat où il estdes- -) tjné au contraire à être défait. La mort de
porter avec eux ; puis , se rejetant dans leurs vaisseaux qu'ils appeloient les chevaux ailés de la mer, revenoient chez eux chargés de butin et couronnés de gloire.
"Balder est le premier événement par lequel «s'annonce celte destruction générale. De »même que dans la tradition troyenne , la » destruction générale du monde héroïque est «exprimée par la mort des deux plus nobles »héros , le vaillant Hector et le bel Achille ; »de même ici elle est exprimée par la mort wdeBalder, le favori de tous les Dieux et le «plus beau des héros. Sa mort est déterminée t> d'avance ; en vain Odin se rend aux enfers : » Héla ne répond , comme le sphynx des an- Mcieus, que par des e'nigmesqui seront suivies » d'une solution tragique, et elle ne laisse » point échapper la proie qui lui est destinée. »Ce qui se rapproche encore plus de la vé- »rité, ce sont les aperçus qu'on trouve dans » l'Edda sur le commencement de l'obscurité «et de la nuit des Dieux , sur la destruction