CHAPITRE
i6i. Ceux qui dirigeoient toutes ces entreprises, étoient des rois qui ne possédoient pas un pouce de terre, qui n'avoient pas d'autres sujets que les guerriers qui les accompagnoient. On les appeloit vikinger, c'est-à-dire, selon l'explication d'un savant explorateur des antiquités du nord ', roi des Baies, parce qu'ils avolent
B future des bons génies , sur rirruptiou des j) ténèbres et de leurs puissances qui doit avoir «lieu à la fin du temps, et la victoire terrible, 0 quoique momfîntanée , que doit remporter B le mauvais génie ; ainsi que sur le nouveau » monde des Dieux, qui doit suivre ces cour- » tes ténèbres, lesquelles seront remplacées par »uue lumière céleste. Aussi ne peut-on s'em- » pêcher de soupçonner ici , plus qu'un pres- » sentiment , plus même qu'une connoissance ximparfaite des vérités du christianisme. » F. ScHLEGEL , Hist. de la littérature ancienne et moderne, t. i'"^ cli. vi. (Notedutradtictevr) ^ ^ ' Olai Wormii anliquitate Dancise.
ai'2 VIE D ALFRED-LE-GRAIVD.
coutume, avec leurs vaisseaux, de guetter dans les golfes , les bâtiments qui viendroient à passer, ou bien d'y attendre un vent favorable ^ Cette vie de brigandages ne paroissoit pas moins honorable aux païens nos ancêtres, que dans les temps héroïques aux Grecs eux-mêmes. Les uns et les autres en effet ne couroient le plus souvent les mers qu'en quête de butin et d'esclaves; quelquefois pour visiter des côtes éloignées , surprendre des villes , égorger tout ce qui étoit capable de porter les armes, jeter le reste de la population dans l'esclavage et prendre possession d'un territoire dévasté, d'une ville vide
' En bas-saxon wick veut dire une baie. C'est de là que la ville de Schleswig tire son nom , ailendu qu'elle est située à l'extrémité d'une baie qui se jelte fort avant dans les terres et qu'on appelle la scliley. Ou appeloit encore ces vikinger, rois de mer.