CHAPITRE 1. i
anciens de l'île, et qu'ils ne fussent venus d'Asie en Albion, probablement avant que la Gaule ne fut peuplée. Comment, en effet, les Gaulois, dont la vanité fut toujours le caractère distinctif , eussent-ils sans cela consenti plus tard à prendre les Bretons pour maîtres ? C'est ce qui me porte à penser que les Druides gaulois formoient une école fille de celle des Druides bretons , de même que celle-ci étoit fille des sages de l'Orient.
12. César, par l'ambition de conquérir une terre jusqu'alors inconnue des Ro-
borné au nord par la Tjne et au sud par THum- Ler. En avauçaut encore davantage vers le i.ord , on trouvoit cinq peuplades , connues sous le nom générique de Maëtiens. Au-delà de leur territoire erroient au milieu des lacs et des montagnes difTérentcs tribus , parmi lesquellosoa distinguoit surtout les Calédoniens, à cause de leur courage indomptable et de la férocité de leurs mœurs. (Note du traducteur.)
D ALFRED-LE-GKAND.
mains et pour avoir un prétexte de garder sous les drapeaux après la guerre des Gaules les légions que lui avoit confiées le sénat et qu'il destinait déjà à rasser\issement de Rome, entreprit deux campagnes* contre les Bretons, livra des ba-
' Le premier débarquement de César , eut lieu au bout de quelques heures d'une navigalion heureuse, près de Tcndroit Je la côte occupé aujourd'hui par la ville de Deal. Ses troupes, saisies loul-à-coup d'une crainte superstitieuse d'offenser les dieux de ce monde inconnu , et intimidés par lappect sauvage des naturels qui, couvrant au loin les hauteurs voisines, les insultoient du geste et de la voix, et les provoquoient au combat, hésitèrent un moment; mais l'intrépidité du porte-étendard de la 10» légion, qui, se précipitant à la nage son aigle à la main , vint la planter sur le rivage, ranima leur audace, et bientôt le courage impétueux et déréglé des insulaires fut obligé de céder devant la savante discipline etla froide valeur des Romains. Aprèsquelques
tailles et fut partout v-ictorieux. Son entreprise eût cependant été plus brillante
escarmouches insignifiantes, mais (.l'un résultat souvent douteux, César, doat la flotte avoit déjà été dispersée par un violent ouragan et dont la situation devenoil de plus en plus critique dans un pays dénué de ressources , comprit que sa réputation pouvait être à chaque instant compromise. Il accepta donc avec empressement des offres illusoires de soumission que lui firent quelques chefs ennemis , et se hâta de retourner dans les Gaules après une absence de trois semaines. Il affecte dans ses Commentaires, de ne représenter cette eipétlilion que comme une reconnaissance; mais on la regarda à Rome, comme le prélude des plus brillans triomphes, et des actions de grâce de vingt jours consécutifs furent décernés solennellement par le sénat aux dieux immortels à Toccasion de ce mémorable événement. Au printemps suivant (an 54 avant Jésus-Christ) César , qui avoit rassemblé sur les côtes de la Gaule une armée de cinq lé-
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que féconde en résultats , si , dès lors , un simple acte d'hostilité contre un peuple étranger n'avoit point été considéré par les Romains comme un droit pour l'asservir tôt ou tard. César conclut dans le pays des traités qui n'eurent que bien peu de consistance, quoiqu'il se fût fait donner des otages par les Bretons. De plus grands projets le firent ensuite renoncer à une entreprise qu'il trouva plus difficile qu'il n'avoit prévu.
i3. Son successeur Auguste, dès qu'à son exemple il parvint au pouvoir suprême par la force des armes , fonda sa sécurité sur la paix du monde. Si dans son voyage des Gaules il fit mine de vouloir
gions, et de 2,000 hommes de cavalerie, mit à la voile, et aborda aux mêmes lieux que l'auiiée précédente, avec une flotte de huit cents voiles. Gyesar de bel. Gai. passim. ( Note du iraducleur.)