CHAPITRE I
attaquer les Bretons , il se laissa facilement apaiser par des envoyés ^.
' Au lieu dexiger le tribut imposé par son oncle , le lâche et hypocrite Octave se contenta d'augmenter les droits perçus sur le commerce qui se faisoit entre les Gaules et la Bretagne. C'est pourtant là ce qu'un poète courtisan n'a pas balancé à représenter comme la conquête de l'île.
Prœsens divus liabebitur
Augustus , adjectis Britannis
Imper io. Hor. III , 5.
Cet usage de faire mousser les voyages des princes s'est religieusement conservé jusqu'à nos jours. Seulement les thurifères ne sont plus les mêmes. Maintenant en effet les poètes sont remplacés par les journalistes entrepreneurs jurés de réputations et grands dispensateurs de gloire et de popularité. Il y a toutefois cette différeuce que les vers d'Horace valoient quelque chose de mieux que la prose de ces Messieurs , et qu'ils iront probablement
20 VIE n ALFRED-LE-GRAND.
14. Craintif parce qu'il étoit craint de chacun , haineux parce qu'il étoit haï de tous , le soupçonneux Tibère u'étoit disposé ni à s'éloigner de l'Italie, ni à confier des légions à un général.
i5. Non moins lâche que stupide , Caligula , sous prétexte de dompter les Germains , se mit à la tête de deux cent mille hommes, ravagea les Gaules et l'Espagne, provinces de l'empire, et se garda bien d'attaquer les Germains ; mais pour donner à cette campagne une apparence de conquête , il conduisit son armée sur les côtes de la Gaule, la rangea en bataille en face de la Bretagne, monta dans une barque , fit quelques pas dans le détroit , et revint à terre. Alors se plaçant sur un trône, il fit donner le signal de l'at-
plus loin. Voir à l'appui le Moiiiteur du présent mois de mai i85i , ou les journaux qui ont copié sa comique épopée. fA'^ofe du traducteur.)