CHAPITRE XI
vent il sembloit impossible qu'il échappât à l'ennemi ; et toujours lui et les siens , grâce à la rapidité de leur marche et à leur exacte connoissance des localités, se déroboient à la recherche des Danois. C'est ainsi que les envahisseurs apprirent que le lion vivoit encore ; et l'espérance revint aux Saxons.
37. Il arriva pendant ce temps-là un événement qui ranima les espérances d'Alfred.
38. Les guerriers saxons réfugiés auprès d'Alfred , sortoient de la retraite commune à tour de rôle , et le roi lui-même comme les autres. Par une journée d'hiver, il arriva que tous étoient allés en expédition , et que lui seul étoit resté à jEthelingey avec sa femme. Alfred étoit occupé à lire , quand tout à coup il entendit frapper à la porte. Il alla ouvrir et vit un pauvre homme qui lui demanda au nom de Jésus-
3îO VIE d'alfred-ie-crand.
Christ un morceau de pain. Alfred dit à son épouse de regarder dans l'armoire au pain, s'il en restoit*. La reine obéit et répondit qu'il ne restoit plus qu'un pain qui ne suffiroit pas pour rassassier les guerriers sortis pour aller pêcher et qu'on attendoit à chaque instant. «■ Béni soit le Seigneur » dans ses dons , s'écria Alfred. » Et il ajouta : « Femme , je t'en prie , au nom » de Jésus-Christ , donne-lui la moitié du » pain. Celui qui avec cinq pains et deux » poissons nourrit cinq mille personnes , « saura bien , s'il lui plaît , en faire assez
' C'est à tort que Spelmau fait paroître dans cette circonslance la mère d'Alfred. Sa mère naSurclleétoit morte depuis long-temps, etsa belle-mère Judith étoit depuis long-temps de retour en France. Selon une vieille chronique , ce fut un des guerriers d'Alfred qui remplit le rôle que joue la reine dans ce récit.