‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 159 sur 215 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

«ois fut puni de la même amende que celui d'un Saxon. Par là il assura leur vie et en même temps flatta leur amour-propre.

Comment ne se seroient-ils pas attachés à un gouvernement qui prolégeoit leurs propriétés , leur vie et leur honneur ?

3. Alfred éfoit encore jeune , et déjà sa gloire brilloit du plus vif éclat. 3Iais depuis que son cœur avoit été épuré par l'adversité , jamais l'orgueil n'avoit pu s'y glisser. Il ne s'attribuoit en effet à lui-même ni son bonheur, ni ses qualités, mais à Dieu, source de tout bien et de tout bonheur. Sa position et celle de son peuple n'étoit point encore sans danger, et il le savoit lui-même. Mais cette ])ensée n'avoit rien qui l'effrayât , parce qu'il avoit mis sa confiance en Dieu. C'étoit là la source de cette admirable présence d'esprit, de cette grande douceur de caractère et de ce courage héroïque qui le caractérisoient, de cette opiniâtre persévénince à vaincre tou-

3io VIK d'alfreu-le-granu.

tes les difficultés, de cette patience, de cette foi vive , de cette ardente cliarité qui signaloient toutes ses actions. Toutes les heureuses qualités naturelles dont il étoit doué ne tendoient que vers un but unique^ qui étoit de plaire à Dieu.

[\. On auroit pu croire que la restauration de l'Angleterre, fruit d'une seule Tictoire, ne pouvoit subsister long-temps. Le pays étoit dévasté d'une extrémité à l'autre ; des guerres continuelles avoient diminué considérablement le nombre des hommes en état de porter les armes ; et, ce qui étoit bien pis encore , le peuple étoit comjilètement découragé. Alfred avoit remporté sa grande victoire avec les seuls contingents de trois comtés ; et il est bien rare que de tels hauts faits enflamment le courage de ceux qui n'y prirent point part ; d'ordinaire , au contraire , ils ne font qu'exciter leur jalousie.

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