CHAPITRE XIX
grec. On assure qu'Alfred traduisit en effet toute l'Ecriture sainte *. Mais il est plus probable que la mort l'empêcha de se livrer à celte vaste entreprise. Il est d'ailleurs déjà presque incompréhensible qu'au milieu de ses nombreuses occupations , il ait encore trouvé le temps nécessaire pour composer les divers ouvrages que nous connoissons de lui. Où donc auroit-il pris celui que lui auroit demandé la traduction complète de la Bible? Aussi bien cette assertion paroît être démentie par la citation que fait le célèbre arclie-
* L'archevêque Parker cite le passage suivant du vieux manuscrit de VHistoire cCEly ; « Aluredus , acerrimi ingenii priiiceps , per Grimbaldum et Johaunem , doctissimos monachosj lantum instructusest , ut in brevi librorum omnium notitiam habuerit , tolumquenovum et velus testamentum in eulogium anglicae gentis transmutaverit. «
4^4 VIE u'alfued-lk-gkand.
vèque anglican Usher d'un passage de Boston de Bury, où ce savant carme rap- {)orte qu'Alfred traduisit en anglais presque tout le testament. On ne sauroit douter que Boston de Bury n'ait entendu par là le nouveau testament; et, en effet, il paroît naturel qu'Alfred se soit hâté d'en enrichir sa nation. Enfin nous voyons qu'Alfric * archevêque d' Yorck, traduisit toute la Bible en anglais; travail auquel il ne se seroit assurément pas livré , s'il avoit déjà existé une traduction par Alfred. Il est possible que peu de temps avant de mourir il se soit occupé de la traduction des psaumes; mais il n'en acheva que la moitié *. Il
' Il ne faut point confondie cet Alfric , ou iElfric avec rarchevôque de Gaotcrbury du même nom.
' Psalterium transferre aggressus vix prima parle explicata vivendi linem fecit ( Malmesbury ),