‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 28 sur 215 · CHAPITRE I. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 5l

Alains, marcha contre lui et le surprit par son arrivée inopinée à la tête d'une nombreuse armée devant Milan, oùValentinien tenoit sa cour. Maxime entra en triomphe dans la ville , et le jeune empereur eut à peine le temps de s'enfuir à Thessalonique, où Théodose vint aussitôt le trouver de Constantinople.

47. L'année d'après , Théodose, accompagné parValentinien, marcha contre Maxime et défit successivement ses lieutenants à Sisseg en Croatie et à Peltau en Autriche, puis Maxime en personne à Aquilée. On l'amena chargé de fers devant les deux empereurs ; et peu après les soldats irrités, craignant qu'on ne lui fît grâce de la vie , le massacrèrent *.

' A celte époque, c'éloit en échangeant leurs images que les maîtres du monde se recon*oissoient ks uns les autres pour souverains des contrées soumises à leur épée.

Eu recevant l'image do Maxime , Théodose

J2 YIE D ALFRED-Lfc-GRA^D.

48. Bien qu'en raison de la rapidité des succès de Maxime contre Gratien et de ceux de Théodose contre Maxime , ces guerres n'aient pas été très-sanglantes, la Bretagne en fut cependant singulièrement affoiblie. Les historiens rapportent en effet que cette brillante jeunesse que Maxime avoit emmenée sous ses drapeaux ne revit jamais le sol de la patrie et s'établit dans les Gaules.

49. LésScots et les Pietés mirent à profit cet état sans défense de la Bretagne, et avec d'autant plus de facilité que sous le règne

sembloit donc avoir légitimé et reconnu ses titres; cola ne l'erapêcha pourtant pas quatre ans plus tard de lui faire trancher la têledaus sou camp d'Aquilée , ainsi que le rapportent; plusieurs annalistes contemporains, contrairement à la version de noire auJeur. Ceci prouveroit au besoin que voilà déjà bien longtemps que ces reconnoissances d'un pouvoir de fait arrachées par la nécessité ne signifient rien pour sa durée. ( Note du traducteur. )

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d'Hoiioriiis, foil)le fils du grand Théodose, à qui son père avoit cédé l'empire d'Occident, l'empire attaqué de toutes parts par des barbares aux mœurs dures mais guerrières , perdoit chaque année de sa force au-dedans et de sa considération au dehors.

oo. Abandonnée sans secours par Honorius aux dévastations de ces hordes sorties des montagnes de la Caledonie, la Bretagne étoit en outre exposée aux plus grands dangers par le voisinage des Francs et des Bourguignons, qui ravageoient alors les Gaules naguère horriblement dévastées par les Vandales, les Suèves et les Alains. Dans cette extrémité cruelle où on redoutoit de plus grandes calamités encore, les soldats résolurent de falreunempercur. Leur choix tomba d'abordsur Marcus, un de leurs officiers, qui perdit tout aussitôt la vie dans une émeute; puis sur Gratlen, qui fut égorgé quatre mois après. Un si périlleux honneur ne

j\ VIF. D ArFRED-LE-GUAND.

laissa pas que d'être brigué par Constantin , simj)le soldat sorti de Icnrs rangs. On dit que son seul titre à leurs yeux pour revêtir la pourpre impériale, ce fut de porterie même nom que le grand Constantin, qui, proclamé de même empereur en Bretagne , étoit devenu le m.iître du monde.

5i. A l'exemple de Maxime , Constantin conduisit en Gaule ses légions grossies également parlafleur de la jeunesse bretonne, à l'effet de soumettre à son pouvoir les derniers débris delà puissance romaine dans ce pays en même t«imps que les hordes de la Germanie qui étoient venues s'y fixer. Désespérant de la fortune d'Honorius, quelques-unes de ses légions se rangèrent sous les drapeaux de Constantin, qui défit les Bourguignons et les Francs, ainsi que Sarus , général envoyé contre lui par l'empereur de B.ome. Il expulsa ce dernier des Gaules, tandis qu'il accorda aux premiers la paix et le libre séjour dans une contrée

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