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pays , Hengst fit venir sa fille qui servit aux convives du vin et de l'hydromel ; et qu'alors Vortigern, enivré d'amour et de boieson , demanda la main de la belle Rowena et l'obtint moyennant la cession aux étrangers du pays de Kent *.
9. Le succès parut d'abord justifier l'imprudence des Bretons. Guidés et renforcés par les courageux étrangers, ils vainquirent l'ennemi commun. Mais cette victoire si facilement remportée sur les Pietés qui avoient jusqu'alors fait trembler les Romains, révéla aux Saxons le secret de la foiblesse de leurs alliés et leur inspira un vif désir de s'établir dans ce beau pays. Ils firent avertir secrètement leurs compatriotes d'au-delà de la mer; et quelque temps après on vit arriver une flotte de dixsept vaisseaux portant cinq raille combattants, puis peu après une autre flotte de qua-
' Neimius. Jeffry.
rante vaisseaux commandée par Octa et Abisa. Les exigences des étrangers s'accrurent chaque jour, et les Bretons ouvrirent trop tard les yeux sur leur lâcheté imprudente. Il en fut d'eux comme du cheval de la fable qui, après avoir imploré le secours de l'homme contre le cerf, dut, quand celui-ci eut été tué, continuer à servir de monture à son auxiliaire *.
10. Vortigern fut détrôné et remplacé par son fils Vortimer, que les vieilles chroniques bretonnes nous dépeignent comme un autre Hercule. Commandés par lui, les Bretons ne craignirent plus d'attaquer les Saxons. De nombreux combats furent livrés. Celui d'Ailesford, où périt Horst, fut une horrible boucherie. Mais Hengst et son fils Eska , ayant peu de temps après conquis la province de Kent, les Bretons
' lier. Epist. I. X. 34—58.
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paroissent s'être vantés à tort d'avoir remporté la victoire.
11. Vortimer mourut, et son indigne père reprit le pouvoir. Des chroniqueurs bretons racontent que Hengst , sous prétexte d'ouvrir une négociation , ayant invité à un banquet Vortigern et la nombreuse suite de ses nobles, enivra ses hô-
es avec de l'hydromel; qu'en ce moment es Saxons, tirant les armes qu'ils avoient tenues cachées sous leurs vêtements, s'écrièrent : «Prenez vos glaivesM » Après quoi, trois cents nobles Bretons furent égorgés et Vortigern chargé de fers '.
12. La dignité suprême fut alors conférée par les Bretons à Ambrosius , qui , à ce qu'il paroît, opposa aux envahisseurs saxons une courageuse résistance.
• ISemeçl eure Saxes !
^ Nenuius, Hisl. Brit. Voy. Jeffry et Golyzon dans Turner.
9^ VIE d'alfred-le-granu.
i3. Une grande obscurité règne sur l'histoire de cette époque. Ce n'est pas que nous manquions d'historiens bretons ou saxons qui en rapportent les événements; mais leurs préventions et leurs préjugés de nationalité nous les rendent suspects. Au dire des Bretons , Hengst perdit une grande bataille, et à la suite de cet échec, fut obligé de quitter l'île avec ses guerriers. Ils ajoutent que son absence dura cinq ans. En effet nous remarquons dans les écrivains saxons un profond silence sur les huit années qui s'écoulèrent depuis 458 jusqu'à 466. Ce qui s'accorde encore avec l'assertion des écrivains bretons, c'est le témoignage d'une vieille chronique flamande ' qui rapporte que pendant son absence de Bretagne , Hengst rebâtit ' la
' Gerbrandus Lugd.
' "Rebâtit » et non " fonda. » Leyde éloit depuis long-temps connu des llomains; il?