CHAPITRE lll
ville de Leyde. Quoi qu il en puisse être au reste de ce point historique , il résulte clairement de la comparaison des traditions bretonnes et saxonnes, que bien qu'en maintes occasions les Bretons aient opposé aux envahisseurs une résistance désespérée, cependant, en définitive, ils ne purent pas les expulser ; ce que prouve au reste évidemment la conquête de leur île par les Anglo-Saxons.
14. Avant de montrer au lecteur la Bretagne partagée en différents royaumes Anglo-Saxons, il convient de dire que les Saxons y portèrent partout le fer et la flamme , sans pitié pour l'âgé ni pour le sexe. Les ecclésiastiques étoient surtout
l'appeloient Lugdunum Batavorum , pour le distinguer de Lyon et de St.-Bertrant en Guyenne , qui avoient également pour nom Lugdunum.
lOO VIE D ALFREI)-LE-GRAJVD.
victimes de leur cruauté. La plus grande partie des évêques et des prêtres furent immolés aux pieds mêmes des autels qu'ils desservoient. Les églises et les cloîtres furent détruits. Les Bretons fugitifs furent relancés jusque dans les montagnes où ils avoient cherché un asyle , et égorgés par milliers. La faim força le reste à devenir les esclaves de leurs farouches vainqueurs. La conquête de toute l'île par les Anglo- Saxons n'ayant été achevée qu'au bout de cent quarante ans, beaucoup de Bretons se réfugièrent, au fur et à mesure des progrès des envahisseurs , dans les provinces demeurées encore indépendantes , mais plus particulièrement dans les pays de Galles et de Cornouailles. Ceux-ci , pendant que les autres provinces étoient successivement envahies et dévastées, opposèrent une heureuse résistance aux Saxons, et à la faveur de leur situation géographique, et à cause