CHAPITRE III. TOI
de l'esprit belliqueux ordinaire chez les montagnards \
i5. Un grand nombre de Bretons traversèrent la mer et vinrent se réfugier enArraorique = ; c'est d'eux que cette belle péninsule de France a reçu le nom de Bretagne. Aujourd'hui encore le langage du peuple, surtout dans la Basse-Bretagne, indique évidemment une origine bretonne.
' Gildas , de Excidio Britanniae. BedaB Hist. écoles. Angl. i , i5.
'^ Il est plus que probable que les discordes continuelles des différents chefs bretons, en les empêchant de se secourir mutuellement aux jours du danger commun , furent cent fois encore plus funestes au pays que les armes des envahisseurs. Telle étoit en effet l'insouciance des tribus bretonnes pour des maux qui ne les menaçoient pas directement, qu'à l'époque même où les Saxons fondoient des royaumes au sud-ouest de leur île , une armée de onze mille hommes fît voile de la côte
102 VIE d'aLFRED-LE-CRAND.
i6' Il y a de Texagération dans l'assertion de ceux qui prétendent que le peuple breton fut complètement exterminé , à l'exception de quelques habitants qui purent se réfugier dans les pays de Galles et de Cornouailles ou en Armorique. Il n'y en a pas moins dans l'assertion de ceux qui assurent que les conquérants imposèrent le joug du plus dur esclavage à tous les Bretons à qui ils firent grâce de la vie \
de Cornouailles pour l'embouchure de la Lcire et remonta ce fleuve afin d'aller combattre les Visigoths dans les environs de Bourges , abandonnant ainsi dans leur fatale imprévoyance la mère-patrie au moment où elle étoit en proie aux dévastations de ses plus cruels ennemis. (Note du traducteur.)
' Peut-être la comparaison de l'histoire des différentes conquêtes par invasion avec celle qui nous occupe concilieroit-elle ces deux assertions que le comte de Stollberg trouve