CHAPITRE III. lo
Burke contredit la première de ces assertions par l'énorme population que nous retrouvons deux siècles après dans le pays. Il est vrai qu'on pourroit objecter, et non sans quelque apparence de raison, que la beauté du climat et la fertilité du sol attirèrent de Germanie de nombreuses hordes d'avpnturiers avec leurs femmes et leurs enfants. Mais ce profond écrivain réfute encore par d'autres motifs ces exagéra-
exagérées. Là comme ailleurs les émigrations devant les envahissements rie purent pas en effet être tellement générales, qu'il ne restât toujours quelques habitants dans les contrées qui tomboient au pouvoir du vainqueur. Il est fort probable qu'on les massacra d'abord sans pitié ; mais qu'ensuite , ainsi que cela arriva partout ailleurs , les conquérants s'aperçurent qu'il leur falloit des bras pour cultiver les terres dont ils s'emparoient. Les Bretons eurent dès-lors sans doute la vie sauve ; mais sans doute aussi les vainqueurs
lions ^ Il cite des lois faites dès les premiers temps de la domination anglosaxonne. L'une porte que le meurtre d'un Breton sera puni d'une amende aussi forte que celui d'un Saxon de la plus basse classe. L'autre a pour objet d'ouvrir aux Bretons et aux Saxons la voie aux honneurs et aux dignités. Ces deux lois démontrent évidemment que non-seulement il étoit encore resté des Bretons dans le pays , mais encore des Bretons libres ^.
se les partagèrent comme les terres et les bestiaux. La féodalité n'a pas d'autre origine. (iVofe du traducteur.)
' E4m. Burke. Abridgment of the Engl.
Hist.
^ Tout porte à croire que les deux lois dont il est ici question sont postérieures à l'introduction parmi les Saxons du christianisme , religion d'égalité et de liberté. Alors elles ne détruisent en aucune façon le fait principal. {Note du traducteur.)