‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 70 sur 215 · CHAPITRE m. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. l

dans une bataille. Quelques années s'écoulèrent avant que le peuple d'Essex revînt à la foi chrétienne *,

63. Adelfried , après avoir réuni le royaume de Déïri à celui de Bernicie, par l'expulsion de son beau-frère Edwin , âgé de trois ans, et avoir ainsi fondé le royaume de Northumberland, fit la guerre aux Scots, aux Pietés et aux \Yelshes, et agrandit par là ses états au nord et au couchant. Pendant qu'il faisoit le siège de Chester qui alors faisoit partie du pays de Galles, une armée de Bretons vint au secours de la ville. Environ douze cents moines de la grande abbaye de Bangor suivoient cette armée.

64- Au moment de livrer bataille , Adelfried les ayant aperçus à peu de distance de l'armée bretonne, apprit qu'ils étoient venus là pour secourir les combattants de

* ÎJcclar- Hist. ccclcs. Anglor. n, 5.

i36 VIE d'alfred-i,e-grand.

leurs prières. « Puisqu'ils invoquent leur » Dieu contre nous , s ecria-t-il , ce sont ï> nos ennemis ! » Il ordonna aussitôt de les attaquer. A l'exception d'une cinquantaine de ces religieux qui s'écliappèrent , tout le reste fut massacré , et le cloître fut détruit de fond en comble \

65. Pendant ce temps-là Edwin, devenu jeune homme , erroit çà et là , poursuivi sans cesse par les embûches d'Adeifried. Il trouva enfin un asile à la cour de Redw^ald , roi des Estangles , où ses qualités aimables et son courage lui valurent l'amitié et l'estime générale. Adelfried prodiguoil à Redward les promesses et les menaces pour le déterminer à lui livrer le noble fugitif. Son dernier ambassadeur insistoit avec plus de force que jamais : le but de sa mission n'avoit point échappé à Edwin , et Redwald commençoit à hésiter, quand la reine, toii-

' Ihid. , li, 2.

Page 1