‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 73 sur 215 · CHAPITRE JII · texte numérisé non relu

CHAPITRE JII

» lieu de la salle du festin , vous avez vu » un oiseau traverser rapidement la salle, w entrant par une porte et sortant par une n autre. L'instant de ce trajet est pour \n\ )> plein de douceur, il ne sent plus ni pluie » ni orage : mais cet instant est rapide , » l'oiseau fuit en un clin-d'œil : et de l'hi- » ver il repasse dans l'hiver. Mais d'où

» venoit-il? où alloit-il? Vous l'igno-

» rez. Telle est notre vie sur cette terre : » nous y résidons pendant quelques an- » nées ; mais nous ne pouvons pas dire ce

rêlées ; mais rien n'indique qu'ils prissent la moindre part à ses délibérations. Il paroît que les pouvoirs légaux du Witenagemot ne furent jamais bien déterminés et qu'ils furent plus ou moins étendus selon les circonstances. Avant rintroduction du christianisme parmi les Saxons , le Witenagemot devoit être l'assemblée des chefs des guerriers et des prêtres. ( ISote du traducteur.)

Ii4'^ VIF, I) ALFRED-LE-GRA^D.

» qui précède notre naissance , ni ce qui w suit notre mort. Si la nouvelle religion » peut nous révéler ces importants secrets, » elle mérite que nous l'adoptions. »

73. Le roi ordonna ensuite à Paulin de parler. L'assemblée ne put résister à Téloquence de ses paroles , et Edwin leur donna la plus complète approbation. Coïfi , le grand-prêtre de l'idolâtrie, fut le premier à s'avouer convaincu, k Pas un homme « dans tout le peuple , dit-il , n'a servi nos » dieux avec plus de zèle que moi ; et cew pendant , personne , parmi le peuple , » n'a été moins heureux que moi. Mon avis » est donc que nos dieux sont sans pou- » voir. » Pour preuve de sa sincérité , il pria le roi de le charger de renverser luimême les autels des idoles qu'il avoit jusqu'alors servis et de faire justice des fraudes dont il avoit été dans son aveuglement le premier instrument. Se jetant alors sur un cheval et saisissant une lance ( les prê-

CHAPITUK III.

très saxons ne pouvoient monter que des juments et ne dévoient jamais manier d'armes ) , il entra avec son coursier et la lance au poing dans le temple des idoles, profanation la plus grave qu'il put commettre ; puis ordonna de le démolir. Le peuple s'altendoit encore à voir les feux du ciel venger ce sacrilège : l'impunité de l'apostat dissipa toutes les alarmes , et bientôt après la nation entière embrassa le christianisme*.

74. C'est ainsi que la religion chrétienne fut de nouveau introduite en Northumbrie. Il est cependant probable qu'il s'en étoit toujours conservé quelques vestiges , une tradition même, dans le cœur de ce petit nombre de Bretons qui, pendant l'espace de près d'un siècle , avoient défendu pied à pied leur territoire contre les envahissements saxons, jusqu'à ce qu'Ina en achevât

' Bedae, Hist. cccles. Augl. 11, 9—1 3-

i4A ^^^' d'alfreu-lk-granu,

la conquête. Edwia reçut le baptême à Torck, où fut érigé un évêché en faveur de Paulin qui opéra un nombre infini de conversions.

75. Edwrin déploya beaucoup de zèle pour la propagation de la vérité, à la cause de laquelle il fut assez heureux pour attaciier Earpwald, fils et successeur de Redwal , roi des Estangles. Mais , Earpwald étant bientôt après mort assassiné, ce ne fut que trois ans plus tard, et lorsque son frère, le pieux et savant Siegbert, fut monté sur le trône, que le christianisme prit fortement racine en Estanglie.

76. Les heureux résultats de l'introduction du christianisme en Northumbrie ne lardèrent pas à se faire sentir. Les mœurs farouches des Northumbres s'adoucirent ; le vol et la rapine furent sévèrement punis par des lois civiles venues au secours de la loi religieuse : et aux désordres passés succéda une régularité telle que le sou-

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