CHAPITRE III. l
plaisirs terrestres, une sérieuse méditation (le ce qui est visible et de ce qui est invisible , de ce qtti est périssable et de ce qui est éternel.
loo. Les rois fondèrent un grand nombre de monastères * ; mais aussi quels ser-
' L'auteur de cette traduction écrivoit il y a plusieurs années dans un vaste ouvrage historique : « Il est à remarquer que jamais
ules fondations pieuses ne furent plus com- »munes que dans ces siècles de désordre. Des » écrivains qui se croient philosophes parce )' qu'ils décident avec une légèreté et une assu- » rance fort peu philosophiques des questions n qu'ils ne paroissent pas s'être donné la peine » d'approfondir, ont pris de là occasion de se » livrer à d'éloquentes déclamations contre ce «qu'ils appellent l'insatiable avidité du clergé, • lui reprochant de n'avoir employé l'influence «dont il jouissoit alors quà augmenter son » bien-être temporel. Ils déplorent amèrement » que l'ignorance des peuples ait été si mer-
l6o VIE d'aLFRED-LE GRAKD-
vices ces monastères ne rendirent-' il s pas à cette nation !
"Veilleu sèment idoine à seconder ses vues «ambitieuses. Et pourtant, avec un peu de «bonne foi, ils n'auroient pas manqué d'à - » percevoir la cause de la multiplicité des fon- » dations pieuses à cette époque dans les bou- » leversemens sans nombre dont les divers états « de la chrétienté étoient alors le théâtre. Dans » ces temps de désolation , l'Éghse seule offroit «on asile assuré contre les maux de toute es- ))pèce qui affligeoient l'humanité ; seule, clic «jouissoit d'une douce paix, au milieu de n guerres, de dévastations et de massacres con- «tinuels. Des hommes qui, tout en se haïssant 1. mutuellement , craiguoient et adoroient le nmême Dieu, le considéraient comme un n royaume sacré où l'homme qui avoil compris » le uéaut âb l'existence et se sentoit fatigué )>dun monde corrompu et corrupteur, étoit «toujours sûr de trouver un refuge contre les n tourmentes politiques qui agitoient sans cesse i>les nations. Quoi de plus naturel donc que