‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 83 sur 215 · CHAPITRE III. l6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. l6l

loi. Edmond Burke, dans son imparlialilé , remarque que les moines et surtout

» des hommes dont la conduite avoit toujours «été pure, ou qu'uue triste expérience de la » vie avoit rendus plus sages dans un âge avau- » ce , se réunissent pour fonder des établisse- » ments où ils pussent désormais couler leurs «jours en commun dans la paix de Dieu ùct du monde? Ou bien qu'un prince dont • les pasfsions désordonnées avoient troublé et «ravagé son pays , voulût expier ses fautes en «rendant à ses sujets, sous la forme d'une fona dation pieuse , les biens dont il les avoit dé- » pouillés? »

Assurément il y auroit tout aussi peu de raison à défendre qu'à attaquer les institutions monastiques en masse, et ces quelques lignes n'ont d'autre but que de faire justice de reproches dictés le plus souvent par la passion ou les préjugés.Lesplusfervents défenseurs du christianisme n'ont point en effet hésité à reconnoîlre que de graves abus se sont quelquefois

ïGa VIE D'ALFRKU-LE-CrvAND.

ceux d'Irlande ( car il en vint un grand nombre d'Irlande prêcher l'Évangile dans

introduits dans les institutions monastiques ; et ils en ont eux-mêmes sollicité, provoqué la réforme. Les empiriques de la philosophie ont réclamé au contraire la suppress-ion absolue de ces institutions comme le seul remède aux maux qu'ils signaloient. Puis.cjuand par un de ces incompréhensibles décrets de l'éternelle sagesse, le pouvoir s'est trouvé placé entre leurs mains, ils se sont hâtés de porter la hache etla flamme sur ces prétendues plaies de l'ordre social. Et cependant admirez un peu l'immuabilité des principes de la sagesse humaine. Voilà que de nos jours , nu homme fanatique de haine pour le christianisme et pour l'ordre social qui en est le résultat , s'en va fonder en Amérique une colonie dont les bases sont, i! est vrai , la proscription de toute loi religieuse, !a négation d'un être suprême, mais aussi la vie coopérative, c'est-à-dire, la culture et la jouissance en commun d'une terre commune, fl y a

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