CHAPITRE III. î
mes. Au fait , il seroit assez triste de penser que dans sept royaumes à la fois , il n'y eut jamais de trône où la royauté jetât quelque éclat. Quant à ces prétendus progrès de civilisation et de puissance, j'estime qu'il seroit assez difficile de les prouver * ; au milieu de tant de guerres et d'a-
' Les arls et les sciences avoieat abandonné la Bretagne en même temps que les Romains ; et comme pour les en exiler à jamais, les Saxous avoient eu soin de livrer aux flammes toutes les bibliothèques que ceux-ci y avoient rassemblées à grands frais. C'est ainsi que dans leur sauvage imprévoyance, ces barbares s'en alloient détruisant stupidement les précieux dépôts des diverses counoissances qui , plus tard , leur eussent été si utiles. Quand ils n'eurent plus d'autre ressource que de cultiver leurs terres , force leur fut de suppléer par des procédés plus ou moins imparfaits à l'art de la culture . que les Romains avoient pousse à un si haut degré de perfec-
l84 VIE d'alfrkju-le-grand.
gitations , ils paroissent peu probables. Nous verrons en effet que les Anglais mêmes , après avoir été réunis en un seul royaume par Egberl , auroient probablelion et dont la tradition s'étoit insensiblement effacée dans l'île. La même chose arriva pour tous les autres arts qui servent à assurer ou à augmenter le bien-être des hommes en société. En un mot, il fallut qu'ils reconstruisissent en entier, et pierre par pierre , l'édifice de la civilisation. Qxn ponrroit dès-lors s'étonner que leurs progrès aient été si tardifs et si pénibles? Les deux faits suivants peindront beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire l'état de la société à cette époque.
Quelques années après la conquête de l'île par les Saxons, tous les arts qui se rattachent à l'architecture étoient devenus tellement étrangers dans un pays naguère encore couvert de temples majestueux, d'édifices élégants , de bains somptueux, et les hommes qui les exercent tellement rares , que saint Wilfried et