‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 99 sur 215 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

suivant l'antique coutume des Germains , le belliqueux Charles , âgé de trente ans , leur eût été préféré.

i34. Egbert fut favorablement accueilli par Charles. Ce grand prince remarqua les heureuses dispositions du noble fugitif qui compléta son éducation à la cour du roi franc , dont le vaste génie créoit pour le présent et pour les siècles à venir de fortes et grandes institutions ; qui , au milieu du bruit des armes et des cris de victoire , cultivoit le doux commerce des muses, se familiarisoit avec les poèmes des Grecs et des Latins , et tiroit de l'oubli les antiques chants des bardes germains * .

' Guillaume de iVIalmesbury(dontIe véritable nom étoit Somerset), moine bénédictin du Xir siècle et historien estimable, dit des petits-fils de ce Franc : « Est enim gens lila et exercitatione virium , et comitate morum , cutictarum occidenta- Hum facile princeps » . Tl dit aussi qu'Egbert

19^ VIE u'alfred-le-grand.

i35. Egbert ciccompagna Charles à la guerre ; ainsi l'école de l'adversité fut pour lui riche non-seulement en instructions , mais encore en joies,

i36. Brithrik, roi de Wessex , étoit dominé par l'impudique et cruelle Eadbiirge. Quiconque excitoit sa jalousie en acquérant les bonnes grâces du roi, cette femme ambitieuse et perfide ne manquoit pas de le noircir peu à peu aux yeux de Brithrik et de le perdre. C'est ainsi qu'elle fit périr et dépouiller de leurs dignités un grand nombre de serviteurs du roi; et quand elle ne réussissoit pas à prévenir son mari contre eux , le poison l'en débarrassoit. Un jour qu'elle avoit préparé du poison pour un jeune favori du roi, Brithrick voulut

regnandi discipUnam a Francis acciperet , et que chez eux aciem mentis expediret , et mores tovge a geniiUcin barbaria induceret. Malmeshury, llist. n . i.

Page 1