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croyait déjà dans le ciel et voulut sauter par dessus la grille pour aller à Tenfant. Alors elle se dit tout à coup : « Mon Dieu! qu'est-ce que je vais faire ?» et elle ne franchit pas la grille, mais elle oublia de tinter. Elle Toubliait souvent au milieu de la messe, et cela lui attirait des réprimandes. »
15. Clara Soentgen a déposé en ces termes : « Quand la sœur Emmerich avait reçu la sainte communion, cela la fortifiait toujours et elle m'a dit souvent que Dieu lui domiâit «lors beaucoup plus de force. Elle aimait beaucoup à communier le jeudi en Thonneur du Saint- Sacrement. Mais comme cela fiDÛsait de l'^et et donnait li<Hi à beaucoup de bavardages dans le couvent, elle reçut de son confesseur la permission de recevoir la sainte communion en secret EUe aUait la recevoir, tantôt un peu après minait, tantôt à trois ou quatre heures dn matin, parce que le désir ardent qu'elle en avait lui rendait impossible d'attendre plus longtemps.
€ Je lui demandai une fois pourquoi, le jeudi, elle s'ha* billait mieux que les autres jours. Elle me répondit que c'était en l'honneur du très-saint Sacrement. Avant et après la communion, elle se servait rarement d'un livre de prières,mais elle méditait toujours. >
16. Anne Catherine eut plus tard l'occasion de dire ce qui suit : « J'ai très-souvent vu le sang couler de la croix empreinte sur la sainte hostie. Je le voyais clairement et distinctement. Bien des fois j'ai vu le Seigneur sous la forme d'un enfant environné d'une lumière rour geàtre, paraître comme un éclair dans la sainte hostie. Souvent au moment de la communion, je vois le Sauveur paraître comme fiancé tout près de moi, puis dispa^
D'ANNE CATHERINE EMMERlCH 2&5
rattre lorsque je reçois le Saint-Sacrement, et je ressens sa présence avec une douceur inexprimable. Quand il entre dans la personne qui communie, il monte et se répand dans r&me tout entière comme lorsqu'un morceau de sucre se dissout dans Teau. U pénètre d'autant plus profondément que le désir de celui qui le reçoit est plus ardent. »
17. OTerberg dépose en ces termes sur sa manière de iaire Toraison dans d'autres circonstances :
c Au couvent, comme avant d'y entrer, elle a toujours prié pour les &mes du purgatoire et pour les pécheurs : au couvent elle priait aussi pour ses compagnes, plus rarement pour elle-mépie. Sauf les prières qu'elle était obligée de fiiire conformément à la règle» elle fiûsait peu de prières vocales; mais très-fréquemment des orair sons jaculatoires* Sa prière habituelle consistait à parler à Dieu comme un en&nt à son père : le plus ordinaire* ment, elle obtenait de lui ce qu'elle lui demandait avec une insistance particulière.
18. « Elle ne cessait de s'entretenir avec Dieu nuit et jour, même à table, ou bien elle méditait. C'est pourquoi souvent elle ne remarquait rien de ce qui se disait pendant le repas. Si l'on portait alors des plaintes contre elle, elle ne s'en apercevait que quand cela devenait trop fort. L'abbé Lambert lui demanda un jour après le repas: « Comment pouvez- vous prêter l'oreille à des discours comme ceui^ qu'on a tenus tout le temps à table?» mais elle n'avait pas foit la moindre attention à ce qui s'était dit.
19. « Pendant im temps aussi, elle avait coutume de disputer contre Dieu sur ce qu'il ne convertissait pas tous les grands pécheurs et punissait les impénitents de peines
éternelles dans Tautre monde. Elle disait à Dieu qu'elle ne comprenait pas comment il pouvait agir ainsi, contrairement à sa nature qui était la bonté même : il lui était pourtant bien facile de convertir les pécheurs, puisque tout était dans sa main. Pouvait-il oublier tout ce que lui et son Fils bien-aimé avaient fait pour les pécheurs et comment celuici avait versé son sang sur la croix et avait souffert une mort si douloureuse? Il devait pourtant se souvenir de ses propres paroles dans les saintes Ecritures, de ce qu'il y dit de sa bonté et de sa miséricorde et des promesses qu'il y a fiiites. Si lui-même ne tenait pas sa parole, comment pouvait-il demander aux hommes de tenir la leur?
20. « L'abbé Lambert auquel elle racontait cette dispute lui disait « Doucement : tu vas trop loin ! » Elle finit pourtant par voir clairement que les choses étaient comme elles devaient être, car si Dieu convertissait tous les pécheurs, ou si les peines de l'autre vie avaient un terme, les hommes ne tiendraient plus aucun compte de Dieu et ne s'enquerraient de lui en aucune façon.
24 . « Elle a toujours eu une confiance particulière dans la Mère de Dieu et elle se tournait avec plus d'ardeur vers elle quand elle avait péché. Elle la priait ainsi ordinairement : « 0 Mère de mon Sauveur, vous êtes doublement ma mère. Votre Fils vous a donnée à moi pour mère quand il s'est fait homme et quand il a dit à Jean : « Voilà ta mère. » Puis je suis devenue l'épouse de votre Fils. J'ai été désobéissante envers votre Fils, mon fiancé, et j'ai honte de me laisser voir à lui. Ayez donc pitié de moi! Le cœur d'une mère est toujours si tendre! priez pour que j'obtienne mon pardon! il ne vous sera pas refusé.