Le matin suivant, le sang avait de nouveau traversé
d'annk CATHBRINB KMMBRICH 295
les bandages, et les douleurs allaient toujours croissant. Jusqu'au 7 avril, elles aqgmentèrent tellement qu*Annc Catherine supplia le médecin de retirer les bandages des mains et des pieds, parce qu'elle ne se sentait pas de force à endurer plus longtemps ce qu'ils lui faisaient souffrir. Le médecin n'osait pas condescendre à cette prière sans une permission expresse de Munster : il voulait la demander par lettre, mais, le soir même, le vicaire général et ses compagnons revinrent à Dulmen.
6. Sur le refus de Krauthausen, Anne Catherine, dans son délaissement, s'étdt proposé de patienter encore un jour : là-dessus, il lui fut enjoint en vision de représenter à ceux qui disaient l'enquête qu'elle ne désirait rien au monde, ni argent, ni renommée, mais qu'elle aspirait uniquement à vivre cachée et tranquille ; qu'on ne devait donc pas mettre sa patience à une si forte épreuve, car, avec l'excès intolérable de ses souffrances, ce n'était rien moins que tenter Dieu. Lorsqu'ensuite elle fit ces représentations devant Overberg, celui-ci qui, d'après ce qui s'était passé lors de sa première visite, croyait pouvoir compter sur une obéissance aveugle, en fut d'abord assez surpris : toutefois, Anne Catherine leva ses scrupules en lui disant qu'elle avait reçu l'ordre de s'expliquer ainsi, mais qu'en même temps il lui avait été prescrit de souffrir, quoi qu'il pût advenir, tout ce que l'obéissance demanderait d'elle. La suite de l'enquête montrera de plus en plus clairement, combien, en dépit de toutes les souffrances, elle fut docile à cette injonction.