‹ Vie d'Anne Catherine EmmerichChapitre 38 sur 49 · Rensing répondit · texte numérisé non relu

Rensing répondit

« Je ne remarque pas encore en elle de signes inaccoutumés annonçant une mort prochaine : mais elle-même assure que son état intérieur semble indiquer que le terme n'est plus très-éloigné. Si Dieu daignait lui (aire une révélation touchant sa mort et si elle me disait à ce sujet quelque chose de précis, j'aurais l'honneur de vous en domier avis aussitôt. Son corps présente toujours les mêmes phénomènes qu'il y a un an. Le sang continue à couler les vendredis comme alors et, depuis le mois d'août de l'année précédente jusqu'à ce jour (18 mars 1814), il ne s'est rien passé extérieurement qui mérite d'être noté. Mais quant à l'état de son &me, elle a gagné à plusieurs ^ards, car elle s'est défaite de diverses imperfections auxquelles elle se laissait aller facilement autrefois et unit encore da* vantage sa volonté à celle de Dieu. Ce qu'elle me raconte des objets qui occupent son esprit dans l'extase est souvent si élevé que j'en suis dans l'admiration, et il y a en même temps une simplicité si naïve qu'on n'y peut soupçonner aucune airière-pensée, aucun dessein préconçu. En supposant même qu'il n'y ait pas là d'intervention d'un ordre supérieur, c'est dans l'ensemble la plus belle manifestation

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d*ane âme pure comme les anges, absorbée en Dieu et qui n'est occupée que de la gloire de Dieu et du salut des hommes. »

9. Deux mois plus tard Rensing envoyait un nouveau rapport, t La sœur Emmerich se trouve un peu mieux, disait-il. Peut-être va-t-elle se remettre pour quelques jours. Gomme son existence est depuis longtemps déjà en désaccord complet avec les lois ordinaires de la nature, il ne fiiut pas augurer sa fin prochaine parce qu'on voit des symptômes qui sembleraient l'annoncer. Hier, étant dans un état de faiblesse extrême, elle m'a dit qu'elle espérait qu'avant sa mort. Dieu lui donnerait encore assez de force pour me révéler, ainsi qu'à quelques autres personnes, des choses qu'elle ne veut pas garder pour elle seule. Comme sa fiiiblesse était excessive, elle parlait très-bas et il me fallait beaucoup d'efforts pour comprendre ce qu'elle disait. »

10. Ce rapport décida le vicaire général à rendre l'ordonnance suivante pour le cas où Anne Catherine viendrait à mourir.

« Si la religieuse augustine Anne Catherine Emmerich vient à s'endormir dans le Seigneur, M. le doyen Rensing devra dès qu'il en aura été informé :

1. M'en prévenir par un exprès aussitôt que possible, en quelque lieu que je me trouve, et venir lui-même, s'il le peut : sinon, prendre les dispositions suivantes :

2. Jusqu'à mon arrivée ou jusqu'à ce qu'il ait reçu de nouvelles instructions, il devra faire en sorte :

(a) Qu'une ou plusieurs personnes du sexe, bien connues de lui, veillent nuit et jour près du corps (je pourvoirai aux dépenses qui seront nécessaires) ;

(6) Qu'aucune autre personne ne reste près du corps et que l'autorisation de le voir ne soit donnée que le plus I. S6

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rarement possible : si de telle yisites devaient devenir trop fréquentes, M. le bourgmestre voudrait bien prêter la main pour l'empêcher ;

(c) Que, jusqu'à mon arrivée ou jusqu'à l'envoi de nouvelles instructions, le corps reste absolument intact en sorte que personne ne puisse l'examiner le moins du monde, soit dans l'ensemble^ soit aux places marquées par les stigmates.

3. Monsieur le doyen prendra ses mesures pour que la mortlui soitannoncéeaussitôt qu'elle auraeulieu: il priera immédiatement M. le bourgmestre de se transporter avec lui près du corps de la sœur fimmerich, non en qualité d'autorité civile, mais officieusement. Il adressera la même invitation à MM. Limberg et Lambert et aux docteurs en médecine Wesener et Rrauthausen; puis, en présence de ces messieurs, on dressera un procës-verbal signé d'eux tous où soient consignés brièvement :

(a) Le genre et l'heure de la mort ainsi que les circonstances notables, s'il s'en est présenté ;

{b) L'état du corps et des diverses marques existant aux mains et aux pieds comme au côté, à la tête, et aussi à la poitrine.

N. B. Il ne doit y avoir aucun intervalle entre l'invitation et la réunion auprès du corps; ces messieurs ne doivent pas y aller ensemble, aGn d'éviter l'éclat autant que possible, et il ne doit y avoir là que les personnes nommées plus haut.

4. Ensuite M. le doyen devra prier MM. Limbeig et Lambert et les deux médecins de ne pas s'éloigner de Dulmen, s'il est possible, jusqu'à ce que je sois arrivé et que je me sois entendu avec eux.

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