CHAPITRE XXX
Le Roi repart pour l'Italie. — Louise de Savoie exerce pour la seconde fois la régence. — Le chancelier du Prat lui est donné pour conseil. — Bataille de Pavie. — Captivité du Roi. — Mort du connétable. — Mesures prises pour assurer la paix à l'intérieur et amener la délivrance du Roi.
En 1524, les défaites éprouvées par les généraux de François Ier appelèrent de nouveau ce prince au delà des Alpes. A la suite de l'une d'entre elles, le chevalier sans-peur et sans-reproche était mort avec la gloire de sauver une armée dont il couvrait la retraite, avec la douleur de poser son dernier regard sur un prince du sang de ses Rois, infidèle à ses serments et traître à son pays.
François Ier, dont la prudence n'égalait pas la bravoure, partit, malgré les avis de Louise de Savoie, qui préférait le salut de son fils et celui du royaume au pouvoir d'une seconde régence1. Avant de quitter Paris et pour appeler sur ses entreprises et sur sa personne la protection que tant de dangers rendaient plus nécessaire encore, il assista à une procession solennelle
1 M. Aini. Champollion, Captivité de François /", introduction, p. 8.
dont il précisa la marche et régla l'ordonnance. Il voulut qu'au milieu du cortège de princes et de prélats qui l'environnaient, le chancelier du Prat, qu'il laissait cette fois investi du plus grand pouvoir après la régente-mère, prit place immédiatement à sa suite '. Il partit et la duchesse d'Angoulème, aussi bien que le chancelier et tout le conseil de régence, le suivirent jusqu'à Lyon, tant pour essayer de le détourner encore de sa fatale entreprise, que pour se rapprocher de ses opérations, s'il persévérait dans sa noble témérité. Sa volonté ne put en être détournée, bien que Louise de Savoie, constante dans ses pressentiments et dans ses instances eût encore envoyé Georges d'Armagnac depuis cardinal, le conjurera Avignon de renoncer à cette campagne \ François Ier, plein de jeunesse et de bravoure, fut chercher en Italie un de ces revers qui, par un décret mystérieux de la Providence, n'épargnent pas toujours la justice, mais qui du moins, ce semble, dans la destinée de la France et de ses souverains, tout en abattant sa fortune, n'atteignent pas sa gloire. Avant de franchir les Alpes, ses armes obtinrent en France même et sur un point jusqu'alors inattaqué, un succès qui put lui sembler de bon augure. Charles-Quint voulant lier irrévocablement le connétable à sa cause, et le rendre irréconciliable avec François Ier, mit à l'épreuve les sympathies qu'il se flattait d'avoir conservées en France, et les connivences qu'il pensait y avoir établies. « Je remarque au jeune empereur (dit à ce sujet Etienne Pasquier) un traict de renardise admirable : lequel désirant s'esclaircir des intelligences que
1 Don Félibien, Histoire de \a ville de Paris, . t. 2, p. 950.
2 Aubcry, Histoire générale des Cardinaux, t, ft. p, 80.
le connétable se vantoit avoir dans la France luy donna gens, argent et qualité de lieutenant-général pour envahir la Provence. Il y vint en bonne délibération de faire pnroistre combien il avait encore de suffragans de sa grandeur au royaume, mais tous lui saignèrent du nez. De manière qu'il fut contrainct de trousser bagages avecque sa grande honte. Il ne se souvenait pas que sa fuite et son absence leur avoient fait oublier la mémoire de sa grandeur \ »
Après ce premier succès dans lequel on put voir un présage, François Ier poursuivit ses desseins, il franchit de nouveau les Alpes. Mais l'étoile de Marignan ne devait plus briller pour lui, et cette fois l'Italie, tout en demeurant le théâtre de sa valeur, cessait d'être celui de ses victoires. Il y soutint son honneur chevaleresque, et ses soldats y conservèrent le renom de leur bravoure. Tout du reste y fut perdu, comme il l'exprime dans une lettre mémorable adressée à Louise de Savoie sa mère. Elle est résumée par quelques paroles devenues célèbres. Une injuste critique ne les a point épargnées 2. Elles demeureront toutefois noblement historiques], puisqu'elles contiennent le sens de ce royal message. C'était en 1525, alors que la fatale bataille de Pavie venait d'enlever au Roi sa liberté, à la France ses plus nobles guerriers.
Jacques de Chabannes, maréchal de la Palice, y complétait par une mort digne de lui, une vie digne de son nom. Guillaume de Gouffier, connu sous le nom d'amiral de Bonnyvet, y succombait aussi. Quelques années plus tôt, il avait dû au suffrage du chan-
1 Etienne Pasqnior, Recherches fie In France, t. 1, p. 5G0. a M. le comte Rœdercr, Louis XII et François l", t. 2, p. 81.
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celicr interrogé par le Roi sa dignité d'amiral, et aussi sa mission extraordinaire pour la restitution de Tournay *.
C'étaient ses funestes conseils qui avaient décidé le Roi à livrer la bataille de Pavie 2, et ce furent la terreur et la retraite du duc d'Alençon qui déterminèrent sa perte3. M. de la Trimoille, le comte de Thouars, François de Lorraine, le comte de Tonnerre, le maréchal de Foix, M. de Tournon, le bâtard de Luppé, et tant d'autres y périrent non moins glorieusement. « Mais en icelle bataille, la vertu française demeura invaincue, encore que la fortune ennemie demeurât victorieuse \ »
Cette vertu française, cette valeur chevaleresque, se retrouvaient d'ailleurs à la honte du héros, mais à l'honneur de son sang, dans le camp ennemi. Le connétable avait exercé une grande influence sur les résultats de cette journée. Il s'était montré digne de recevoir de Charles de Lannoy écrivant à Charles V, dès le lendemain de la bataille, cet éloge qu'il aurait dû mériter au service de son Roi, et non point obtenir d'une bouche étrangère et ennemie. « Sire, M. de Bourbon s'est bien acquitté, et a fait bien bon devoir... 5 »
Si le connétable avait oublié la fidélité du sujet et du prince à son Roi, celle du citoyen à son pays, s'il avait préféré l'éclat de la révolte à la sublimité de la résignation, du moins il avait porté haut par sa bravoure son nom de Bourbon et son titre de Français, double grandeur originelle, dont, malgré lui, le cœur
1 Gaillard, Histoire de François l", t. 1, p. 2/|5 et 24G.
2 M. Champollion, Captivité de François /"", p. 12.
3 M. Genin, Lettres de la reine Marguerite, lre partie, notice. * Guillaume Paradin, Histoire de notre temps, p. 122.
6 M. Champollion, Captivité de François I", p. C7.
porte toujours le caractère et le sceau. Le duc de Bourbon avait largement payé de sa personne, et son intelligence dans le conseil comme son bras clans le combat avaient entraîné la victoire. La gloire de cette journée demeurait donc toute française, la gloire du vainqueur comme aussi la gloire du vaincu. Bien que par la jalousie des généraux et l'ingratitude de l'Empereur le commandement appartînt à Charles de Lannoy, l'étranger n'avait guère pour lui que le gain de la journée comme dans la plupart de nos luttes malheureuses. Une épée française s'était trouvée dans les rangs de l'ennemi pour aider sa victoire, et la maison royale de France pouvait réclamer une part d'honneur dans les succès obtenus par ses adversaires.
Pour en finir avec ce grand caractère et cette noble existence du connétable, si déviés de leur droit chemin, il fut nommé lieutenant-général du Milanais pour l'Empereur, mission qu'il avait déjà remplie pour le roi de France après la bataille de Marignan. Menacés et tiraillés encore par tous les prétendants qui se disputaient cette riche proie, « les soldats et les citoyens étoient sous divers regards, logés à l'enseigne du désespoir ; restoit seulement de leur envoyer un lieutenant général de même calibre. Cestuy fut trouvé en la personne du seigneur de Bourbon '. »
Cependant l'Empereur, plus sensible à la défiance que lui inspirait la trahison du connétable envers son Roi, et à la tache qu'elle imprimait à son caractère, que touché de ses services et de sa bravoure, oublia les promesses flatteuses à l'aide desquelles il l'avait entraîné. Poursuivant alors sa coupable carrière de
1 Etienne Pasfjuier, Recherches de la France, t. 1, 5G7.
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désespoir, il se fit soldat de fortune, et alla mourir sous les murs de Rome à la tête d'aventuriers qu'il croyait conduire à la victoire et qui couraient plus ardemment encore au pillage.
Après avoir dédaigné de lui donner un poste digne de lui et d'unir à ses destinées la reine de Portugal qu'il lui avait promise, Charles V parut lui accorder du moins de faciles regrets et de stériles éloges. Il écrivit après sa mort à Louise de Bourbon, sa sœur, en ces termes : « Ma cousine, pour la proximité du sang dont feu mon bon cousin le duc de Bourbonnoys et d'Auvergne vous attenoit, et la bonne amour que je sçay bien qu'il vous portoit, je ne fais nulle doulte qu'estes du nombre de ceulx qui ont eu de son trépas le déplaisir qu'est raison : et que en tout ce qui peut concerner la conservacion d'une si noble maison qu'est celle de Bourbon dont sommes descendus, ne vous oblierez d'en faire à l'acquit de vostre devoir, ainsy qu'il convient à vostre propre bien. A ces causes, ma cousine, ensuyvant la grande obligacion en quoy me sens tenu audict feu duc de Bourbonnoys, et à tous ceux de son nom et succession, je vous veulx bien advertir par cestes, que l'affection que je luy portois n'est en riens dyminuée par son trépas : mais suis entièrement délibéré de la continuer envers vous et aultres de sa dicte succession, et assister au bon droict et remise des affaires qu'il a délaissées, comme si c'estoient les miennes propres, sans y espargner chose qui soit en mon pouvoir. Sur quoy vous prie m' advertir de vostre intention par ce pourteur, et si l'on vous reffuse ou diffère de vous faire parfaict de votre raison ; car en mon endroict n'y aura point de faulte à votre ayde et assistance telle que dessus. î\la cousine, notre Seigneur vous doinct ce que plus
désirez. Escript à Valladolid, ce dernier de juillet'. » En quittant Paris, le Roi avait nommé la duchesse d'Angoulême régente du royaume, et le chancelier du Prat son premier ministre et son principal conseiller, « pour qu'il administrât sous son autorité les plus importantes affaires de l'État2. » Afin de donner plus de poids à ce choix de sa piété filiale et de sa sagesse, il l'avait confirmé par de nouvelles lettres délivrées quelques semaines plus tard en partant de Lyon pour l'Italie, sans que la mort de Claude de France, sanctissima fœmina, dit Beaucaire, pût le détourner par le deuil que réclamait sa perte, des pensées et des efforts qu'il devait à la France et à ses armées.
« La régente, le duc de Vendosme, le chancelier de France, le grand conseil dijdit seigneur » étaient à Lyon lorsqu' arriva la nouvelle de la grande défaite de Pavie, et du grand désastre qu'elle avait entraîné par la prise du Roi. Le duc d'Alençon, l'un des fugitifs de cette déroute, qui n'avait su trouver ni sa place de bravoure dans la bataille auprès du Roi son beau-frère, ni sa place de réparation et de fidélité dans la captivité toujours à ses côtés, en apporta la nouvelle à Louise de Savoie et à Marguerite d'Angoulême. Leurs justes reproches lui firent une honte publique de sa lâcheté, et sa confusion lui donna la mort3. Elle prépara à la princesse cette autre alliance plus royale et plus digne d'elle, qui, l'année 1527, devait unir les deux aveux d'Henri IV et foire couler ainsi le sang des Valois dans les veines des Bourbons. Henri d'Albret, roi de Navarre,
1 Bibl. inip., fonds Béthune, S.jIG.
I». Anselme, Hisloire des grands officiers de lu couronne, t. G, p. 452. ■'• M. Genin, Lettres de Marguerite d'Angoulême, notice sur cette princesse, lrc partie.
destiné h recevoir la main de Marguerite, était alors prisonnier avec François Ier.
« Il no t'ault demander en quelle pitié, pleurs et lamentations fust la dite bonne dame, mère du Iloy, après qu'elle seust la piteuse nouvelle que son trèscher, seul et unique fils, Roy François, très-chrétien, premier du nom, estoit mis et subjugué en l'obéissance de son vassal et grand ennemy. O quantes regrets ! 0 quantes pitéoyables lamentations ! 0 quantes grandes exclamations faictes par la dame! Après par la Revue de Navarre, sa fille unique, pareillement les dames, demoiselles, princes, ducs, barons, et généralement de toucte la court, et semblablement du bon peuple lyonnois, bon Françoys jusques au bout ! Les lamentations étoient si grandes que à grant peine la pouvoit-on appaiser, ne sa belle et noble compagnie. Toutefois, voyant qu'il n'y avoit remède pour l'heure, le dit seigneur de Vendôme, accompagné des chancelier et conseil de la dite dame , vindrent vers icelle pour luy remonstrer que ses dits pleurs et lamentations ne luy servoient de rien, et que pour cela le Roy ne seroit pas mys hors des mains de ses ennemys, mays qu'il falloit regarder à ce qu'il seroit besoing de faire, et y ordonner, et donner prompte provision ; laquelle leur respondit ;
» Monsieur de Vendosme, et vous, Monsieur le chancelier, en qui le Roy a parfaite fiance, comme ceux qui ont toujours maintenu en toute raison et soustenu la couronne de France, maintenant il vous fault délibérer et regarder à vostre désir que me remontrez, et que vous mesme mectez provision telle que vous sera nécessaire, car de moy, je suis tant esperdue de ces malheureuses nouvelles, que à. peine scay-je qui je
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suys. Bien suys assurée qu'ils viendront beaucoup de pauvres gentilshommes et gens de guerre à la file du camp, en grande pauvreté et misère, qui auront perdu harnois et chevaulx, et seront sans denier ni maille. 11 me semble qu'il seroitbon, quant aux gens d'armes, de leur faire donner chascun ung quartier, aux gens de pyé quelque escu, et aux cappitaines et gens d'apparence quelque somme de denier pour les ayder à remonter et aller en leurs maisons, et payer leur hoste en y allant, a/fin qu'ils nayent occasion de piller le pauvre peuple.
» La bonne dame, les grosses larmes luy tomboient des yeulx en grant abondance, disoit ces paroles audessus dit, comme dame de vertu très-excellente et pitoyable des pouvres souldars, les pryant bien affectueusement que sans plus luy en dire une parolle, ils feissent si bien qu'elle n'eust point la veue des pouvres souldars ny requestes, et que en ce monde ne luy sçauroient faire plus grand plaisir. Lors M. de Yen dosme, prince et chef pour lors en France, après avoir bien entendu le bon zèle de la dicte dame, la pitié qu'elle avoit des bons serviteurs et souldars de son fils, qui semblablement ne se peut tenir de pleurer, et gectant larmes des yeulx, commença à proférer et à dire à la dicte dame ces paroles :
» Madame, j'ay bien entendu la bonté qu'avez en votre cœur de faire remonter les dits pouvres gens. M. le chancellier qui sera votre conseil et celuy du Roy, ensemblement y mectront si bon ordre, que à l'ayde de Dieu, vous tiendrez contente. 11 n'est possible en si grand désarroy contenter ung tel peuple, parce qu'il y faudroit presque partir toutes les finances du royaume; mays ainsy que vous avez dit et or-
donné cy dessus , sera faict et davantaige : par quoy tenez vous et bien assurée.
» Après ce dit, M. le chancellier se prosterna devant la dicte dame, à laquelle il changea de propos, disant ainsy :
» Madame, vous sçavez que je suys et ay esté et seray, tant que je vivray, bon et loyal serviteur du Roy vostre filz, et de vous, et de la couronne de France, et, en mon office de chancellier n'ay jamais souffert qu'il ait esté faict chose que de raison. Je vous dis que je suys tout prêt et appareillé de accomplir tout ce que vous plaira me commander : par quoy je vous supplie de vous oster de cette mellancollye, et regarder et faire tenir conseil de ce qu'il conviendra de faire pour mander à Paris et par tout le royaume, de faire assembler les troys Estats, de faire bon guet aux frontières, donner ordre aux finances, envoyer devers le Roy quelque gentilhomme pour le réconforter et faire touctes autres choses requises et nécessaires.
» La dicte dame, ainsi bien escoutant le dict chancellier qui ne se povoit tenir de pleurer et gémir, à peu de parolles deist au chancellier qu'elle s'en rapportoit du tout à M. de Vendosme et à luy , comme le deux principaulx chefs de France, et qu'ils méissent ordre, et ce qu'ils feroient elle le tenoit déjà pour fait, les priant bien affectueusement en tout et partout faire faire extrême diligence. Les dits sieurs de Vendosme et chancellier, après avoir conseillé la dicte dame au moins mal qu'ils peurent, et avoir sçeu d'elle sa volonté, prindrent congé, et s'en allèrent de l'heure tenir le conseil pour donner ordre et provision à ce qu'il estait nécessaire, mesmement d'escripre aux
gouvernements des provinces qu'ils donnassent ordre à faire bon guet par touctes les frontières, et s'il leur venoit quelque chose de nouveau, de en avertir incontinent la dicte dame en extrême diligence : après, d'escripre à tous les archevesques et évesques, ou leurs vicaires, que incontinent ils feissent faire processions généralles pendant troys jours, en la plus grande cérymonie et dévotion qu'il seroit possible, et après les messes dictes et oraisons faictes, ordonner quelque docteur en théologie pour faire un sermon , afin de mectre en dévotion le peuple, de prier Dieu et sa benoiste dame , aussy tous les saincts et sainctes du paradis, qu'il luy pleust mectre bientost dehors de prison le Roy, et le ramener à jouir de santé, bonne et longue vie en son royaume \ »
Ces sages mesures, accompagnées et appuyées par bien d'autres encore non moins salutaires, furent suivies de conseils dont la délivrance du Roi et le soulagement du peuple étaient l'objet incessant. Le chancelier s'attachait surtout au retour de François Ie*, d'où devait dépendre la tranquillité du pays; mais il démontrait que pour l'obtenir avec l'approbation et l'enthousiasme publics, que pour faire bénir les sacrifices qui l'achèteraient nécessairement, il fallait commencer par procurer la liberté à ceux qui avaient été pris à Pavie avec lui. Le Roi de Navarre qui plus tard sut tromper ses geôliers et échapper à leur surveillance par la témérité de sa fuite, M. de Saluées, le maréchal de Montmorency, le vidame de Chartres, MM. de Bonneval, de Changy, de la Chastre, de la Guiche, de la Roche-Aymond, de Saint-Marsault,
1 Jiibl. imp., n" 9901.
et nombre d'autres gentilshommes et illustres personnages étaient ses compagnons d'infortune \ François de Tournon, archevêque d'Embrun, qui parla après le chancelier, confirma son avis. Il fût goûte et ne tarda pas à être suivi. Les riches et les grands seigneurs se rachetèrent eux-mêmes, aidés de leur négociation par l'entremise du Roi ou par celle de la Régente. Il leur en coûta cher ; la rançon de François seigneur de Saint -Marsault entre autres, alla jusqu'à treize mille écus d'or, au soleil, qu'il paya à l'empereur Charles V; il fut ainsi puni d'avoir été l'un des vainqueurs de Marignan, l'un des vaincus de Pavie, et d'avoir, en 1520, pendant son ambassade à Rome auprès de Léon X, obtenu un traité qui transportait le royaume de Naples de l'empereur au Roi de France, traité que d'autres influences firent révoquer en 1521 2.
Quant aux pauvres gentilshommes ou aux pauvres soldats, le Roi, la régente, le chancelier épuisèrent les finances pour les rendre tout d'abord à leur patrie, et cette générosité qui, peut-être grâce aux considérations politiques qui s'y mêlaient, n'était pas tout désintéressement, excita la reconnaissance et le dévouement de la noblesse et du peuple.
1 M. A. Champollion, Captivité du roi François I", p. 85.
2 Archives de Sainl-Martin-des-Cliamps, à Paris, testament de François Green, seigneur de Saint-Marsault, en date du 15 septembre 1525.