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tellement qu'il ne l'abandonna jusques au jour de l'entrée a Bordeaux \ »
Les fêtes et les magnificences suivirent partout le couple royal, et l'accueillirent dans cette ville : « et y estoit le chancelier du Prat qui reçut Eléonore pour le Roy, accompagné de plusieurs cardinaux et prélats : y estoient aussi les ambassadeurs de Venise, Ferrare, Angleterre, et plusieurs princes, seigneurs et dames de France, et, entr'autres, Madame de Nevers 2. »
L'entrée de la Reine dans Paris se fit avec une magnificence qui surpassa celle de son arrivée en France, et du trajet qu'elle avait parcouru. Elle fut digne du trône sur lequel elle montait , de celui sur lequel elle était née, digne aussi de la couronne qu'elle avait déjà portée, digne enfin de l'amitié royale dont elle semblait le lien , de la paix dont elle devait être le gage. Par son mariage avec le roi François Ier, la reine Eléonore devenait l'élément heureux de la concorde entre les souverains, après avoir servi d'encouragement à la rébellion, lorsque l'Empereur promettait sa main au connétable comme prix de ses criminelles victoires. Laissant aux historiens que leur goût et leur spécialité charge de ce scrupuleux détail, le soin de raconter les mystères joués sur son passage, les cavalcades venues à sa rencontre , les députations accourues à sa redevance, il importe seulement à cette histoire de nommer le cardinal du Prat, depuis bien peu de mois légat du Pape, parmi les chevaliers de l'Ordre du Roi et les ambassadeurs qui formaient son illustre cortège. Il marchait entre les cardinaux de Gramont et de Tour-
1 Journal d'un bourgeois de Paris, p. 415.
2 /rf., Ibid.,p. 417.
3/l/t VIE DU CHANCELIER ANTOINE DU PRAT.
non , ses inséparables appuis dans les négociations et dans l'administration, ses associés non moins constants en chaque cérémonie à laquelle la pourpre romaine pouvait apporter son éclat.