Journal d' Oberlin
cher au Ban de la Roche, toujours est-il que cet homme qui bâtit des maisons d'école, qui fonde des salles d'asile, qui plante des pépinières, qui fait venir de pays étrangers des semences nouvelles, qui bâtit des ponts et trace des chemins, a besoin d être millionnaire pour être compris. On possède une note de la main d'Oberlin sur ses dépenses de Tannée 1 779.
Elle établit comme recettes, montant de son traitement et vente de quelques denrées, 640 fr. ; en dépenses, de 1200 à 1600 fr. C'était sa modique fortune patrimoniale qui soldait la différence. En 1779, il avait déjà sept enfants. C'est de l'imprévoyance au premier chef, mais quelle est féconde! Enrichir et moraliser ainsi le Ban de la Roche, n'est-ce pas agrandir le foyer de famille du pasteur? Riches de la réputation de leur père et de l'éducation qu'il leur donna, les enfants prospérèrent. Les filles épousèrent toutes des pasteurs -, les trois fils
lurent des hommes remarquables et dévoués.
Enfin, outre ce sacrifice annuel de capital, Oberlin recueillait de modestes cotisations dans le pays même, au dehors des collectes, des dons et des legs. Enstimulant l'activité et la volonté des habitants, il réalisa sur le lieu une force immense, que de grands capitaux eussent à peine égalée. Et cette force, une fois suscitée, devait, comme toute force vive, se multiplier par elle-même.
1 « Dans un pays où des rochers disséminés sur la pente roide d'une chaîne de montagnes, et des torrents qui descendent de leurs cimes d'un cours rapide, causent journellement des éboulements de terrains considérables, la confection des routes et leur entretien exigent un travail des plus fatigants et des dépenses au-