LIVRE V
n'y a rien que les dames de Perse aient plas à contre-cœur ni qu'elles tiennent à plus grand opprobre que de travailler en laine.
Ceux qui portèrent ces présents ayant fait entendre au roi que Sysigambis en était mal sa** tisfaite^ il crut être chligé de lui en faire des excuses et de la consoler. Il s'en vint devers elle et lui dit :
a Ma mère^ cette robe que vous me voyez n'est
passenlementun présent demessoours^ maisausn
un ouvrage de leurs mains. Par là vous pouvez
juger que la coutume de Grèce m'a trompé. C'est
pourquoi^ je vous supplie^ n'imputez pmntmon
ignorance à outrage. Je ne sais si je me flatte^
mais je ne pense pas jusqu'ici avoir manqué à
rien de ce que j'aisu être del'usage et des mœurs
de votre pays. J'ai appris que parmi vous c'estune
espèce de crimeà un fils de s'asseoir en la présence
de sa mère si elle ne lui en donne la permission ;
vous savez comme j'en ai usé^ et $i> toutes les fois
que je vous suis venu voir, je me suis jamais
assis que vous ne me l'ayez commandé. Et^ bien
souvent que vous avez vcmlu vous prosterner de*
vant moi pour me faire la révérence^ vous savez
encore si je l'ai pu souffrir. Mais vous pouvais-je
300 VIE D'ALEXANDflB LE GRAND.
fliieus témoigner le respect et ia tendresse que /ai pour vous qu'envous coramunîquant le nom qui n'est dû qu'à raa très-chère et très-honorée Bièrè OlympÎBs? d
Quatre marches conduisirent Alexandre anx bordsdu Tigre. Il laissa àSaze et dans les plaines qui renrironnent la masse de Tarmée^ et traversa le fleuve avec treize mille hommes d'élite, presque tous fantassins^ pour pénétrer à la suite de Darius dans le noyau de montagnes presque imfHraticables qui encadrent ici la Perse. H emporta d'assaut des forteresses en apparence inu* tilea à sa route niilitaire^ et il risqua plusieurs fois sa vie dans des exploits qui semblent tenir plvs de Taventurier que du conquérant.
Ces exploits personnels^ obstinés^ hasardeux^ d'Âiexandre au siège de ces forteresses^ construites au sommet des rodiers comme des nids à'n^^, sont cités sans être expliqués par ses historiens. Ils seraient d'un insensé, et non d'un ^nd homme, si la politique n'en donnait pas ici le, sens véritable. Ce sens est donnée selon nous^ par la constitution politique de lempire des Perses. Cette constitution était une confédération monarchique de grands et petits États qui