‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 118 sur 233 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

ment d^étre achevé. II y a des murs entiers dont ]e haut est taillé en corniche; on y voit encore les moulures et les autres ornements. Les architraves des portes sont aussi ^ par le haut, chargées de feuillages et d'autres ouvrages de sculpture. La pierre de ces masures et de ces restes d'édifice est noirâtre, très-dure et très-polie, ce (fui n'est pas fort difficile à croire si Ton considère que Tair-ne Fa pas entamée le moins du mondé , depuis tant de siècles, et qu'on se mire encore dans cette helle pierre comme dans les miroirs du pays, qui ^ont faits d'acier. Je ne sais où ils prenaient cette pierre noire; car la roche prochaine est de marbre gris blanchâtre. Il fallait donc qu'on l'amenât d'ailleurs, d'où l'on doit inférer que, dans cet ancien âge du monde, on avait l'art démailler non-seulement les pierres dures plus grandes que nous ne le faisons, mais aussi de les transporter. »

L'histoire passerait pour fable si elle n'avait cà et là sur la surface ou dans les entrailles de la terre de tels témoignages de la grandeur des nations et de la puissance des civilisations disparues. Les voyageurs son% ainsi les témoins des historiens; les pyramides et les ruines de Perse*

polis^ dePalmyre^ de Balbeck, sont des pages de pierre qui commaDdeDtliux plus racrédulesla foi dans les merveilles des âges et des peuples disparus.

Persépolis^ d'après Tunanimité des compagnons d'Alexandre^ attendait avec anxiété la victoire ou la défaite des Uxiens, commandés par Ariobarzane^ pour décider de son sort. La fuite et l'abandon de Darius livraient sa population^ mobilecomme toutescellesdesgràndescapitales, àla merci de ses propres agitations. Lie peuple^ soulevé par la terreur, par le désespoir^ parla fièvre du pillage, menaçait de forcer la citadelle, qui renfermait, dans les temples et dans les palais décrits tout à l'heure, les trésors et les monu-, ments sacrés de la monarchie. Darius lui-même, dans sa retraite vers les montagnes, n'avait osé les enlever par respect pour l'empire et pour les superstitions populaires. La principale proie de l'Asie restait intacte pour la vengeance et pour la cupidité de la Grèce.

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