‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 12 sur 233 · LIVRE I. SI · texte numérisé non relu

LIVRE I. SI

des 1 ornières et des arts de la Grèce. Le roi avait été digne du philosophe^ le philosophe fut digne du roi. L'enfant fut digne des deux.

Sa nourrice Hellaciné, femmed'nn sangchoisi parmi les plus nobles races de la Macédoine^ son gouverneur Léonidas , son pédagogue Lysimaque, son tuteur intellectuel Aristote^ concoururent à le perfectionner à Tenvi^ sous la soUicitnde de sa mère Oly mpias^ à lui former un corps sain^ un esprit orné, une âme vertueuse. Les premiers symptômes de cette âme naturellement héroïque furent ses révélations de magna» nimité. < Son adolescence rappelait la jeunesse d'undieu^ disent les historiens et les orateurs contemporains cités parÂrrien etparilutarque. Une odeur suave^ semblable aux parfums qu'on brûle dans les temples^ s'exhalait dosa bouche et de sa sqeur. »

Les statues et les bustes du sculpteur Lysippe, le seul des artistes grecs auquel il permit jamais de reproduire ses traits, pour qu'aucun ciseau maladroit ne défigurât en lui la nature, le repré* sentent presque aussi beau que TApollon dieu de la beauté. Sa stature était moyenne, comme pour donner plus d'ensemble, plus d'harmonie

et plus de force à ses membre; son teiût était d'une blancheur presque féminine, relevée par une rougeur pudique; se» cheveux étaient d'un blond doré et naturellement bouclés sur sa tète et sur son cou ; son nez très-aquilin ; sa bouche bien modelée, gracieuse^ un peu plus ouverte qu'ilne convenait dans lesproportions ordinaires de la figure humaine , mais telle qu'il convient dans les hommes destinés à Téloqnence ou au commandement des troupes^ pour que la parole éclate dans une forte voix* Quant à ses yeux^ les portraits d'Âpelles le représentaient avec un œil bleu et Tantre noir ; mais les contemporains rapportent que la couleur ambiguë de ses yeux changeait avec la pensée qui transperçait dans ses regards^ sombre avec la colère^ azurée et sereine avec la bienveillance. L'œil en effet est la fenêtre de Tàme; le reflet doit changer avec rimpreasioncdmme Taccent chan^ avec le sentiment dans la voix.

La lutte, la course^ l'équitation, rexwcice des armes avaient donné à son corps une élasticité^ une rapidité^ une adresse qui lui faisaient rem^ porter sans effort tous les prix de la gymnastique des camps. Son seul défaut^ qu'il av^t coo-

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tracté de Léoûidas^ son gouverneur, était démarcher trop vite pour ceux qui l'accompagnaient dans ses promenades* Il semblait comme soulevé et emporté d'avance vers le but qu'il voulait atteindre > aussitôt qu'il l'a^pereevait* Son pied ôtalt^ comme sonàme, pre^ d'arriver. Coureur de la fortune^ il devançait l'espace et le temps. Sa tête dans la réflexion penchait un peu vers l'épaule gauche, attitude naturelle à d'autres hommes chargés de pensées qui fléchissent légèrement sous le^r propre far* deau.

Les perfection de son intelligence et de son âme se développaient en proportion de celles • de son corps. Âristote et Olympias lui avaient inspiré une piété tendre et respectueuse pour la divinité, sous quelque nom qu'elle fût personnifiée dans les temples; Il leur brûlait l'encens avec tant de prodigalité que Léonidas l'en reprit en badinant un jour. « Attendez, lui dit-il, « pour prodiguer ainsi les parfums d'Arabie,

« qae vous ayez cooqois le pays de Tencens et « de la myrrhe. »

La passion de la gloire^ tardive dans César, était si précoce dans Alexandre qu'il s'affligeait presque an récit des victoires de son père^ et qu'il s'écria un jour devant ses compagnons d'enfance : « Mon père ne nous laissera donc rien à faire à « . notre tour^ quand l'âge des armes sera venu « pour nous? »

Les proscrits de la Perse^ réfugiés à la cour de Philippe^ admiraient les questions déjà graves qu'il leur adressait^ non sur les vanités de la cour de Perse^ mais sur la géographie^ la population, la politique^ la constitution des armées de leur pays.

tt Cet enfant, disaient-ils entre eux , est déjà « un grand prince ; le fils de notre roi n'est qu'un « prince opulent ! »

Curieux de tout ce qui était sous le soleil, il employait son crédit sur son père à faire fournir à Âristote tous les moyens de connaître et de décrire son histoire naturelle des animaux. Les mineurs, les chasseurs, les pécheurs de la Macédoine furent mis à la disposition du natura* liste pour lui communiquer tous leurs échan-

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