‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 122 sur 233 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

soldats /pleins d'or et d'argent , tudient inhu- . fiitakiement leurs prisonniers, comme si' c'eût été une vile proie, et massacraient ceux que leur rançon avait auparavant rendus sacrés pour les vainqueurs. Cela fit que plusieurs se résolurent . de prévenir le vainqueur par une mort volontaire, et, parés de leurs plus magnifiques habits, se précipitaient, avet leurs femmes et leurs enfants, du haut des murailles. D'autres mirent le feu dans leurs maisons, voyant qu'aussi bien l'ennemi ne tarderait pas de Fy mettre , et se brûlèrent tout vifs là-dedans avec leur famille. Le roi fît enfin cesser le massacre et défendit <c d'attenter à la pudicité des femmes , ni même « de toucher aux ornements qu'elles avaient <c sur elles. »

« On dit qu'il y fut pris une somme d'argent si excessive qu'il n'est presque pas croyable; mais il faut ou douter de tout ce que l'histoire nous rapporte, ou croire que, dans cette opulente ville, il se (rouva jusqu'à six vingt mille talents! Le roi, les ayant destinés aux frais de la guerre, fit venir de Suze et de Babylone quantité de chameaux et d'autres bétes de charge, pour les faire porter après lui. A une

somme si immense il ajouta encore^ comme pour comble^ six mille talents de la prise de Persagade. ]>

Ainsi la ville de Cyrus semble anéantie un moment sous la vengeance d'Alexandre; mais cette vengeance n'était qu'une courte satisfaction à la Grèce^ dont TaHiance recrutait son armée et dont le choix deCorinthe était son titre. Use hâta de faire rentrer son armée enrichie dans Tordre et dans le respect des vaincus. Tiridate fut confirmé dans son emploi d'administrateur des impôts et de gardien des trésors de la Perse. Le Macédonien Récanhide reçut le commandement de la citadelle de Persépolis. Trois mille Macédoniens sous ses ordres furent chargés de garder la capitale contre les émotions du peuple ou contre le retour d'Aliobarzane. Ses deux généraux^ en chef Parménion et Cratère furent laissés au commandement de l'armée ^ divisée en deux corps et cantonnée dans les riches plaines de TAraxe.

Nous ne mentionnerions même pas ici le prétendu incendie des palais et de la \ille de Persépolis par Alexandre lui-même, si cet incendie^ plus théâtral qu'hislorique^ n'était devenu une

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