‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 123 sur 233 · LIVRE V · texte numérisé non relu

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tradition populaire dont il est impossible de ne pas parler. On ne trouve de trace authentique d'un tel acte de démence ou d'ivresse dans Télève d'Àristote que dansÀrrien. Selon cet écri-'

vain^ les soldats et les Grecs en délire pendant les premières frénésies du pillage mirent le feu à quelques édifices des faubourgs de Persépolis, qui communiquèrent un commencement d'incendie au palais habité par Alexandre lui-même. Ce prince^ bien loin de promener la torche, à la requête d'une courtisane grecque ivre^ dans les palais et dans les temples du roi des rois, et d'anéantir ainsi le trésor et sa propre conquête, ordonna, nïit Arrien, » d'éteindre le feu avant <c qu'il eût dévoré le palais. »

Les considérations critiques de M. de Sainte* Croix sur l'incendie de Persépolis ne laissent aucun doute sur l'invraisemblance de cette accusation contre le bon sens et contre la politique du plus grand homme de l'antiquité. Nous en reprendrons seulement quelques-unes.

« Dans le séjour qu'Alexandre fit à Persepolis, dit ce judicieux érudit, il passa des jours

entiers dans les plaisirs de la table avec des courtisanes. Uije d'entre elles, selon Quinte-

Curce, Thaïs^ excita daiks un de ces festins ce prince à brûler le palais des rois de Perse , en lui disant que les Grecs attendaient cette satisfaction pour toutes les villes que les barbares avaient détruites et lès temples qu'ils avaient brûlés. Les convives dans l'ivresse applaudirent à cediscoai;s^ et Alexandre lui-même s'écria : (( Que ne vengeons-nous donc la Gr^ce, et que ce n'apporte-t*on des flambeaux ! » Il mit le premier le feu au palais^ et tous les autres imite- . rent son exemple. L'incendie gagna de toutes parts; et on ne trouverait aucun vestige de Persépolis, aJouteQuinte-Curce^ si TAraxe ne servait de renseignement. Il passait à vingt stades de cette ville.

a Cet historien a donné une signification trop étendue aux termes de l'auteur quelModoreetlui ont copié . Il disait simplement^ comme le texte de Diodore leprouve, que lesenvirons du palais furent brûlés. Arrien^ après avoir rapporté que les palais des Perses furent incendiés, contre l'avis de Parménion, qui voulait les conserver, blàmecette action et réfute les raisons frivoles dont on s'était servi pour la justifier^ en la mettant sur le compte d'Alexandre. U a adopté^ sur cçt incendie^ le

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récit de Clitarque^ amplifié par Qiiinte-Curee. Plutarquea suivi Aristobule lorsqu'il nous assure que non-seulement il n'y eut que le pa^ lais des rois exposé à la fureur des flammes^ mais encore qu'il n'y en eut qu'une partie de brûlée.

<i Alc^^^udre, étant bientôt revenu decedélire bachique^ ordonna, comme tout le monde en convient, qu'on éteignit le feu. Les ruines de ce fameux palais subsistent encore; d'ailleurs une masse de pierres d'une fjprosseur prodigieuse, et qui étaient d'une dureté à toute épreuve, ne pouvait être tellement dévorée par les flammes qu'il n'en restât aucun vestige, et le feu dut nécessaire ment s'éteindre lorsqu'il eut consumé ia partie de ce palais qui était construite en bois . de cèdre. Mais, pour disculper entièrement Alexandre de l'incendie de Persépolis, il faut ' déniontrer que cette ville a existé encore plusieurs siècles après la mort de ce prince.

« Diodore parle d'un sacrifice quePeuceste, satrape de Perse , fit aux mânes de Philippe et d'Alexandre, dans la ville de Persépolis, quelque temps après la mort de ce dernier prince. Anlibchus Épiphane, suivant le livre des Macha^

bées^ voulut piller uu temple fameux par ses richesses dans la même ville ; mais il fut repoussé par la multitude et obligé de prendre la fuite; ce qui prouve l'opulence et la grande population de Persépolis vers Tau i 64 avant Jésus-Christ , temps où se rapporte cette expédition. Ptolémée l'astronome , qui vivait sous Marc*Aurèle y met Persépolis au nombre des villes principales de la^Perse. Âmmien Marcelin parle de cette ville comme existant encore avec éclat soos le règne de Julien. Enfin sa destruction ne peut être rapportée qu'aux premiers temps du mahométisme. On m'objectera peut-être que Persépolis aura été rétablie immédiatement après sa destruction par Alexandre; mais le sacrifice de Peucesie est trop voisin de ce temps-là pour que cette ville ait pu renaître de ses cendres dans un si court espace. Au surplus^ Alexandre séjourna à Persépolis au retour de son expédition des Indes. Ce retour est de Tan 526^ et l'incendie de Tan 550 avant Jésus-Christ. Quatre années auraient-elles donc suffi à l'entier rétablissement d'une ville telle que Persépolis? »

Ajoutons que^ à l'époque de sa vie à laquelle Quinte-Curce fait rapporter cet incendie chimé-

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