‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 128 sur 233 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

de son dernier asile royal à Alexandre. kyânt rassemblé tous les généraux dans son camp aux portesde la ville^ il les harangua, non ta roi qui encourage des sujets à combattre pour sa cause ^ mais en homme qui remercie des unis de mourir pour lui. La longue et belle harangue^ plus philosophique que militaire, que lui prête ici Quinte-Curce, n'a d'autres défauts que de n'être pas historique; c'est Un habile rhéteur qui parle au lieu d'un roi. Nous ne la reproduisons pas. Si ce n'est pas ce que Darius dit à ses généraux , c'est du moins le sens de ce qu'il veut leur dire; mais il le dit certainement avec plus de brièveté. Les champs de bataille ne sont pas des tribunes, encore moins des académies d'éloquence.

Ses chefs, quoique travaillés déjà par les levains de défection que la constance de l'adversité fait fermenter, et plus encore parmi les généraux que parmi les soldats, comme nous l'avons vu nous-mêmes à Fontainebleau autour de Napoléon vaincu à son tour, couvrirent de feintes acclamations leur préméditation de perfidie. Bessus cependant et Narbazane, autre satrape de Tannée, secrètement complice de Bessus, pro-

posèrent comme meilleur moyen de salut au roi une abdication temporaire de Tempire entre leurs mains.

<c Effacez* vous^ lui dirent-ils^ devan t cette mau- « valse fortune obstinée ; abriter dans une re- <c traite inexpugnable et éloignée la majesté «c royale qui repose en vous^ nommez pour vous « remplacer provisoirement un roi ou vice- « roi pour la guerre. Après avoir délivré l'emcc pire il le remettra à celui à qui il appartient. »

Cette première insinuation à Tabdication^ qui était à la fois un piège pour' le roi et une insulte ^ mal déguisée pour le général, souleva Tindignation dans le cœur de Darius; il tira son épée du fourreau et voulut la plonger dans la poitrine du traître. Bessus et ses amis se jetèrent entre deux comme des hommes qui veulent épargner un crime à leur prince. L'orateur s*évada; le conseil fut interrompu. Les généraux se retirèrent chacun da^is son camp pour délibérer du sort comme hors de la présence de Darius. On croit lire les scènes nocturnes et non encore totalement dévoilées delà conférence des maréchaux de Napoléon , devant et derrière Napoléon , à Fontainebleau . Les mêmes circons-

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