‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 129 sur 233 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

tances produisent dans les armées les mêmes hommes.

Les Satrapes^ après avoir écarté leurs corps d'armée du camp du roi , conférèrent entre eux pendant la nuit et lui envoyèrent Narbazane^ un d'entre eux, pour lui signifier avec de respectueux ménagements leur résolution d'insister sur une abdication complète. L'infortuné monarque comprit^ comme Napoléon, à demi mot l'abandon irrémédiable de ses généraux ; il se résigna, et, s'enfermant seul dans sa tente, il laissa les choses et les esprits suivre la pente rapide qui devait les conduire pour lui à un funeste dénoiUment. Dans cette anarchie nocturne nul ne commandait plus dans l'armée , pas même le, roi. Bessus profitait du relâchement de la discipline pour faire embaucher les Perses encore fidèles par ses soldats. Les Perses résistent loyalement à ces amorces de la perfidie. La majesté royale et la majesté du malheur les font rougir d'abandonner leur roi et leur général. Les Grecs, inquiets de ce qui allait suivre, prennent les armes à tout événement dans la nuit. Àrtabaze visite encore les postes , comme si le roi dont il était le principal lieutenant commandait encore ;

la fidélité commanicative d'Artabaze émeat et ramène les chefs elles soldais ébranlés; il les assure de la disposition da roi à tout oublier et à tout pardonner à leur repentir. Les larmes coulent des yeux des Perses attendris; ils entourent la tente du roi de leurs armes et de leurs acclamations. Bessus et ses complices feignent de partager cette émotion patriotique ; ils se couchent le front sur la terre, à la manière des Persans, pour adorer le roi et lui servir de marchepied à la sortie de sa tente quand il va monter sur son char. Narbazane et ses Bactriens s'emparent, comme par une rivalité de zèle, du premier poste de l'escorte la plus rapprochée de la personne du roi. Darius marche au milieu d'eux à la ren* contre des Macédoniens.

Cependant le général de sa garde grecque. Patron , informé des mauvaises pensées de Bessus et de Narbazane, arme ses soldats, dont I^ armes étaient ordinairement portées dans les bagages pendant les marches loin de l'ennemi. Il approche lui-même autant qu'il peut son cheval du chariot royal, et s'efforce par des signes d'intelligence d'appeler l'attention du roi sur lui. Bessus et Narbazane lui disputent l'oreille

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