LIVRE YI
^ de peaux^ un homme tirant à sa fin , c'était Darius^ percé de plusieurs respirait encore.
^ ses prisonniers lui servait ^*%p is^ reconnaissant à sa lan-
^ <g ^ lui dit qu'il avait au
^ lans Tétat déplorable
.^i^ de parler à un homme .Ai et qui recueillerait les dernières .o de sa bouche; qu'il le priait de dire à Alexandre que^ sans Tavoir jamais obligé^ il mourait son redevable et comblé de ses faveurs; mais qu'il lui rendait mille grâces de tant de bonté dont il avait usé envers sa mère et ses enfants; qu'étant son ennemi il né s'était pas contenté de leur sauver la vie, mais leur avait laissé toutes les marques et tout l'éclat de leur première grandeur, au lieu que ses. parents et sesamis^ qui tenaient de lui la vie et le royaume^ lui avaient ravi l'un et l'autre; qu'il priait les die.ttx de rendre ses armes victorieuses, et de le faire monarque de l'univers, et, pour l'exécrable parricide commis en sa personne, qu'il lui serait honorable et utile tout ensemble d'en poursuivre la vengeance; qu'il n'y allait pas seulement de
9011 intérêt^ mais que c'était la caose commune de tous les rois^ et qu'il devait cet exemple au public et à la sûreté des princes. Enfin ^ se sen* tant près d'expirw, il demanda à boire ; et^ après avoir bu de Teau firaiche que lui apportait Polystrate : « Mon ami^ dit-il, qui que tu sois, voici le dernier de tous mes malheurs, qu'ayant reçu ce plaisir de toi je n'ai plus moyen de te le rendre; mais Alexandre t'en donnera la récom* pense, et les dieux la donneront à Alexandre, pour prix de tant de douceur et d' humanité qu'il a exercée envers les miens. Je te prie de lui toucher pour moi dans la main ; c est l'unique gage qui me reste à lui donner de ma foi et de mon affection. » Et en disant cela il prit la main de Polystrate et rendit l'écrit. Ces choses étant rapportées à Alexandre, il y vint aussitôt ; et, voyant le corps de Darius , il se prit à pleurer amèrement et à dé[4orer l'infortune d'nn si grand prince, qui avait fait une fin si indi|pQe de sa gloire. Puis, détachant son manteau, il le jeta sur le corps, et, l'ayant fait embaumer royalement, renvoya à sa mère sy^gambîs , pour le faire ensevelir à U façon du pays et des rois de Pecse , et mettresesosreposerausépulcrede ses ancêtres. »