‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 144 sur 233 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Malgië ces sujets d'onibr»{|Kes et de plaintes qa' Alexandre avait contre Phihotas, la générosité de son ftofie^ la longue habitude née d'une ami* tié d'enfance, l'espérance de le retenir à force de confianceetde bienfaits^ lui avaient fait prodiguer à Philotas les faveurs^ les richesses^ les dignités y les grades^ avec une profusion qui faisait l'étonnement et le murmure d'Épbestion et de Cratère, amis plus dignes et plus sûrs du roi. Mais il était dans la nature d'Alexandre de vou* loir séduire plus que punir ses^ envieux. Philo^ tas profitait de la faveur^ mais continuait de nourrir l'envie sous la reconnaissance. '

D'après ses propres aveux, voici quels avaient été l'origine et le premier nœud de la ccmjuratien de Bactriane. Nous laissons parler ici Philotas lui-même devant le conseil de guerre.

« Vous savez l'étroite amitié que mon père Parménion portait à Égéloque. Je parle de cet Égéloque qui fut tué à Arbelles. C'est lui qui a été cause de tous nos malheurs; car^ dès que le.

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roi eut ordonné qu'on le reconnût comme descendant de Jupiter^ cet Égéloque ne pouvant sup- . porter cela : — Eh quoi f nous dit-il , continuerons-nous à reconnaître pour notre roi légitime celui qui ne reconnaît plus lui-même Philippe pour son père ? jC'en est fait de nous si nous le supportons ; celui qui veut passer pour dieu ne méprise passeulement les hommes^ mais la divinité! Il n'y a plus d'Alexandre^ nous n'avons plus de roi ; nous sommes tombés sous la tyrannie d'un monstre d'orgueil également insupportable et aux dieux auxquels il s'égale^ et aux hommes au-dessus desquels il prétend s'élever ! Avons- nous donc^ au prix de notre sang versé^ fait un roi qui nous foule aux pieds et qui nous regarde comme indignes de communiquer avec lui? Et nous aussi/ si vous m'en croyez^ continuat-il, si nous avons du cœur^ nous serons adoptés par les dieux?

ce Voilà ce que nous ditÉgéloqueaprèssouper. Le lendemain , dès le point du jour^ mon père Parménion me fit appeler. Il était triste^ et il vit que je ne l'étais pas moins que lui^ car ce que nous avions ainsi entendu était bien fait pour nous agiter d'inquiétude. Désirant donc nous

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