LIVRE VI
éclaircir m cf était le vin qui avait fait parler Égéloqiie ou si c'était un dessein prémédité, nouâ Teavoyons chercher . Il nous répéta de sang-froid les mêmes choses^ et il ajouta que^ si nous étions hommes a nous mettre à la tête d'une si belle entreprise^ il nous seconderait énergiquement et promptement; mais que^ si nous manquions de cœur pour un si haut dessein , il couvrirait notre entretien d'un silence éternel. Parménion était d'avis que^ tant que Darius vivrait, il ne serait pas opportun de se défaire d'Alexandre, parce que la mort du chef de l'armée profilerait alors plus aux ennemis qu'à nous-mêmes, mais que, Darius une fois mort, TAsie et tout l'Occident seraient le prix assuré de ce meurtre.
(c Les choses ainsi résolues , la foi fut donnée et reçue de part et d'autre. Pour ce qui est de ce Dymnus, qui vientdese tuer lui-même pour éviter la révélation et le supplice, je ne sais ce que c'est ; et, après ce que je viens de confesser^ à quoi me servirait de paraître innocentd'un autre forfait? »
On voit dans ces paroles la nature, Torigine, l'aveu d'une conspiration tout entière. Si Philolas n'avait pas trempé assez avant dans celle dont il était accusé, on ne peut méconnaître qu'il n'ait
trempé dans iHuti-e-Parménion l«i-méiue, accusé par son propre fils prêt à mourir, ne fut, on le voit, nuMement innocent d'un projet de meurtre dont tant d'hiatorkofl légers on partiaux ne cessent de l'innocenter depuis Untde sièclei pour
flétrir Alexandre.
Cela dit, reprenons la coospiration militaire deBactriane,etdi8ons,d*aprè»DiodoreetQuinte-
Ource, comment elle fut découverte, comment elle fut jugée, et comment elle fut punie dans les uns, pardonnée dans les autres.
11 y avait dans le camp d'Alexandre unoertein Dymnus, mécontent de la récompensede aes services et adonné à ces débauches grecque» avec de jeunes favoris qui déshonoraient l'armée et dont Alexandre s'éloignait avec dégoût. Ce Dymnus entraîna un soir dans l'ombre d'un temple désert un jeune complaisant de son infamie, nommé Néomachus. Là, par cette indiscrétion quel'amour inspire à ceux qu'il égare, il fît confidence à son favori d'une conjuration pour tuer
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le raî dans trois jonr»^ conjuration dont il faisait partie avec plusieurs personnages considérables de la cour et du cainp^ et dans laquelle il voulait aussi enrôler son ami. Néomachus^ épouvanté d'un tel crime contre un prince adoré des soldais^ menaça Dymnus de révéler le forfait plutôt que de le laisser s'accomplir. Dymnus^ repentant de son imprudenceà son tour^ tira son épée et menaça Néomaehus de Fégorger et de s'égorger lui-même s'il ne faisait le serment de se taire. Néomaehus fit léseraient; mais^ pressé par le remords du crime dont il serait complice en se taisant^ il avait retenu de la bouche de Dymnus les noms des principaux conjurés. C'étaimit Démétrius^ capitaine des gardes du roi; Penoolaus , Nieanor, Amynthas , et un certain nombre de courtisans et de gardes du palais. A la faveur de la nuit Néomaehus court tout révéler à son frère^ nommé Cébélinus. C^linus oourtlui*mémeau palais^ laissant son jeune frère Néomaehus dans le vestibule entre deux rideaux^ pour confirmer au besoin la révélation dont il se charge seul. Philo tas se présente à lui pour savoir ce qui l'amène à cette heure au palais. Cébélinus lui raconte ce qu'il a appris de
son jeune frère. Philotas affecte de rendre grâce au révélateur et aux dieux de ce qu'un pareil forfait soit prévenu par les dieux ; il se charge d'en instruire à l'instant son maître et son ami Alexandre.
Cependant trois jours et trois nuits se passent, et Philotas n'a rien révélé à la victime désignée au meurtre. Cébélinus revient plusieurs fois pendant ces trois jours s'informer auprès de Philotas des suites de sa révélation au roi. Philotas l'assure qu'Alexandre sait tout par sa bouche et que les mesures sont prises pour sauver le roi du péril dont il est menacé. Ces assurances étaient fausses : Philotas n'avait pas parlé.
Inquiet cependant des paroles toujours un peu évasives de Philotas, Cébélinus parvient à son insu jusqu'au roi lui-même et lui raconte tous les détails les plus circonstanciés du complot. Alexandre s'étonne et s'indigne du silence de son favori Philotas, après une telle communicaUon qui intéresse la vie de son roi et de son ami. Il verse des larmes sur l'amitié ainsi trahie ; il fait appeler Dymnus lui-même pour confirmer ou démentir la révélation. Dymnus, appelé ainsi à comparaître devant le roi, croit qu'on a décou-