UVRE VI
vert autrement que par lui-même la conjuration et qu'on l'appelle pour la torture ou le supplice. Il se trouble et se perce de son épée. Les gardes le portent mourant aux pieds d'Alexandre , mais il expire sans avoir recouvré la parole.
Alexandre reproche tendrement à Philotas un silence coupable qui laissait planer la mort sur sa tête . Philotas tombe à genoux et s'excuse sur ce qu'il n'a pas attribué assez d'importance à des dénonciations de vils débauchés pour en fatiguer l'oreille du roi. Alexandre » soit indulgence^ soit prudence^ lui pardonne^ soupe avec lu i^ le traite avec sa familiarité habituelle; mais^ au sortir de table et après le départ de Philotas, il retient en conseil secret ses amis les plus éprouvés /Éphestien et Cratère. Néomachus est appelé pour développer devant le roi et devant ses familiers toutes ^ les circonstances étranges du complot, de la révélation, de la mort de Dymnus^ du silence de Philotas. Cratère démontre au roi avec évidence qu'un silence si obstiné pendant trois jours et trois nuits est un indice^ sinon une preuve de complicité; que l'indulgence sera prise pour une peur de voir la vérité et pour un encouragement aux conjurés; qu'il faut, ou renoncer à
tonte sécurité et à toute autorité sur Tarinée^ ou iotenter le procès de Philoias. L' indulgence^ ajoute Cratère, bien loin de ramener Parménion à la fidélité et à Tobéissance, ne fera que le décider à un mépris plus ouvert du roi ou à une révolte plus prompte deFarmée d'Ecbatane, dont il est le maître et Tidole.
Ces puissantes raisons décident le roi à sonder à fond ce mystère de ténèbres*. Enveloppé de pièges, il s'enveloppe lui-même de dissimulation pour déjouer le fils de Parménion ^ Parménion lui-même et leurs complices encore inconnus. Pendant la nuit, Ephestion^ Cratère, Cœnus, Erigius^ les chefs de ses gardes doublent les postes du palais , placent des sentinelles sur les routes de la Médie pour empêcher que des courriers sortent du camp pour avertir Parménion du danger de son fils et de la découverte de ses trames, arrêtent Philotas endormi dans sa tente et l'amènent enchaîné au palais.
r.ies procès pour crime d'État, qui, diaprés les lois marédoniennes, se plaidaient devant le peuple assemblé, se plaidaient à l'armée devant les soldats. Huit ou dix mille Macédoniens, sansdoute triés et avertis d'avance par Cratère et Éphestion