‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 147 sur 233 · LIVRE VI. Ââ · texte numérisé non relu

LIVRE VI. Ââ

parmi les phis fidèles^ sont eoiivcM]ué8 au lever du jour devant le palais. Ils y trouvent le cadavre de Dymnus^ dont ils ne peuvent s'expliquer eneore le meurtre ou le suicide. Alexandre sort avec une physionomie triste et les yeux baissés^ comme s'il eût été humilié autant qu'affligé du crime d'un Macédonien et d'un ami. Il se présente à ses soldats en victime 'à peine échappée à la mort et qui vient leur demander la pitié autant que la vie. Il nomme avec horreur Parménion et Phtlotas, Pencolaus^ Démétrius^ et ce misérable^ ajoute-t-il en montrant de la main le corps san^ant de Dymnus.

Les soldats épouvantés se récrient d'exécration à de tels noms accusés d'un tel crime envers le roi^ leur bienfaiteur et leur ami! Alexandre rappelle le coupable silence de Philotas; il voit dans ce silem^ une embûche; ilénumère devant l'assemblée toutes les conspirations obstinées contre sa personne, dont le fils de Parménion a été reconnu eompliee dès le temps qu'il tramait déjà sa pert^ en Macédoine avec Amyntfaas , avec Attalus; il s'excuse d'avoir oublié tous ces griefs, d'avoir confié l'armée jde Médie au père, la cavalerie de la Grèce au fils.

<c Soldats^ je viens me jeter dans vos bras^ dit- « il en finissant ; je viens remettre mcm sort à vos « armes ; je ne veux plus vivre si vous ne vou- « lez plus que je vive. Mais, si vous voulez que je « vive Je ne puis trouver de sécurité pour ma vie a que si vous vengez enfin vous-mêmes tant d'at- (( tentats renaissants contre ma vie ! i»

Philotas , les lAains liées derrière le dos^ fut découvert alors aux yeux de l'assemblée par les gardes qui formaient jusque-là un rideau devant lui^ pour que sa misère n'attendrit pas les soldats en faveur d'un de leurs généraux les plus popu* laires. Un murmure de compassion et de respect mal éteint s'émeut à son aspect. Les généraux et lescourtisans sesennemis profitent, comme il est si commun dans les cours et dans les camps^ ces cours militaires^ de sa dégradation pour l'accabler d'accusations et d'insultes. Rien n'est plus implacable que des généraux devant un rival abattu. Le beau-frère de Philotas lui-même^ Cœnus^ comme s'il eût voulu racheter par plus d'outragescette parenté avec l'accusé J'appelle parricide y ramasse une pierre et la lance à la tête de l'accusé^ donnant ainsi le signal de la lapidation sans jugement.

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