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deloogoes allées d'arbres plantés à la ligne, embellies de fontaines et de canaux^ et ce sant les principales délices des rois et des satrapes barbares.
« Parménioû se promenait dans le bois au milieu des capitaines qui avaient ordre de le luer; ils avaient concerté de prendre le temps où il lirait ses lettres. Polydamus, d'aussi loin qu'il vit Parménion^ courut l'embrasser, faisant éclater la joie sur son visage^ et^ les compliments faits de part et d'autre^ mêlés de beaucoup de caresses^ il lui donna la lettre qu'Alexandre lui écrivait. En l'ouvrant il lui demanda ce que faisait le roi. Il répondit qu'il l'apprendrait par ses lettres.
(c Parménion^ après les avoir lues^ lui dit : « Le roi se prépare pour son voyage contre les Arachosiens. Chose admirable de ce prince^ qui ne se donne point de repos! Si est-il tantôt (cmps qu'il songe à se ménager, après avoir acquis tant de gloire. »
« Il prit ensuite la lettre écrite au nom de Philotas^ et la lisait^ ce semblait avec grand ]»iaisir, quand Cléandre lui plongea le poignard dans le flanc^ puis lui porta un autre coup à la
VIE »*ALEXA!fBRS LE Gft4Ifl». — T. II. 5
6t VIE D'ALEXANMIB LE GRAND.
gorge ^ et les autrœ loi doftn^attt plimun coups après sa mort.
« Ses gardes ^ cpii étaient à l'entrée d« bois ^ apprenant ce meurtre^ dont ils ignoraient la
cause, coururent au camp^ et, publiant une si sanglante nouvelle^ émurent les troupes^ qui prennent ausâtôt les armes et s'en viennent au parc^ menaçant^ « si Ton ne leur livre Polydamus et ses complices^ d'en renverser les murs et de sacrifier les meurtriers à leur général. »
<c Cléandre fit entrer les principaux officiers, auxquels il lut les lettres que le roi écrivait aux soldats^ où était contenue la conspiration de Parménion contre sa personne et la prière qu'il leur faisait de le venger.
ce La volonté du roi étant sue apaisa l'émeute, mais non pas l'indignation des gens de guerre, dont la plupart s'étant retirés, ceux qui restèrent prièrent Cléandre qu'au moins il leur fût permis d'enlever le corps pour lui donner la sépulture ; ce qu'il leur refusa longtemps, craignant d'offenser le roi; mais, comme ils s'opiniàtraient à le demander, jugeant qu'il fallait ôter tout sujet de sédition^ il leur permit d'ensevelir le corps,
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après en avoir fait aépar» la tête, qu'il envoya à Alexandre.
<K Ainsi finit ce grand homme^ illustre dans^ la paix comme dana la guerre , qui avait ftit pluâieurs belles choses sans le roi, au lieu que le roi n'avait jamais rien fait de grand sans lui. Il sut contenter Tambition d'un prince d'autant plus difficile qu'il était prodigieusement heureux et qu'il voulait que tout secondât sa bonne fortune . Il était âgé de soixante et dix ans , et avait fait y dans sa jeunesse, toutes les fonefions de capitaine , et souvent celles de simple soldat; au reste, d'un conseil pénétrant, aimé des grande et plus encore des gens de guerre. »
L'armée, après avoir murmuré, se soumit, Alexandre cependant, soit pour grouper tous ses ennemis en un seul eorps, de peur qQ'ils ne corrompissent Tesprit de l'armée, soit pour donner une espèce de satisfaction aux partisans trop obstinés de Parménion, ordonna à Clitandre, nommé commandant en Médie , de réunir tous
ces jeunes méconteïitsea un seul corps^ sous les ordres de Léonidas^ ami lui-même de Parmenion.
Ainsi fut évaporé, avec le sang de Philotas et de Parménion^ Tesprit d'opposition qui travaillait Tarmée. L'autorité d'Alexandre^ vengé par ses propres soldats en conseil de guerre, fut retrempée pour longtemps dans le complot avorté.
Telle fut la conspiration de Philotas y dénaturée depuis tant de siècles par les historiens grecs du parti de Parraénion jusqu'à l'imputer à ingratitude et à trahison à Alexandre. On voit que le crime était avéré , que le procès fut public, que la clémence envers les complices fut magnanime, que les deux seules victimes qui tombèrent ne pouvaient vivre sans qu'Alexandre ne trahit la Macédoine, la Grèce, l'expédition , sa propre royauté et sa propre vie.
ft II faut se défier des historiens qui écrivent l'histoire sur les documents de l'esprit de parti au lieu de l'écrire sur le témoignage du bon sens, de la vraisemblance et du caractère des grands hommes. Alexandre eut des violences d'ivresse, il n'en eut pas une seule de sang-froid; l'héroïsme et la perfidie s'excluent dans sa vie commedans la